REMNANT Revue

Non-résistance

Quand les royaumes s’affrontent

Numéro d’origineThe Heartbeat of The Remnant · mai/juin 2011 · Volume 17 · Numéro 3
Deux bisons face à face

Pan, pan, pan, pan.

Quelque chose dans l’urgence et la fermeté des coups frappés à votre porte d’entrée vous indique que la personne qui se tient dehors a besoin d’aide. Même si votre horloge numérique affiche 1:38, vous êtes immédiatement hors du lit et la montée d’adrénaline chasse la somnolence de votre esprit.

Pan, pan, pan, pan.

La personne qui se tient dehors est déterminée ! Pas la moindre hésitation dans ces coups !

Vous ouvrez la porte et trouvez la jeune femme qui habite trois maisons plus loin dans la rue, le regard angoissé. « Oh, je suis désolée de vous déranger au milieu de la nuit. Mais pourriez-vous m’aider… »

Elle vous raconte son histoire. Ici, dans la région du Guangxi, en Chine, les responsables gouvernementaux font pression pour faire respecter la limite d’un enfant par famille. Elle a déjà eu deux enfants et payé plusieurs amendes, et attend maintenant le troisième. Et ce soir même, un ami qui travaille au service chargé de l’application de la loi est passé à la nuit tombée pour l’informer en secret que, demain, ils prévoient de l’emmener subir un avortement forcé si elle ne décide pas de le faire volontairement.

La voilà maintenant à votre porte, vous demandant refuge. Vous savez que l’aider à se cacher est contraire à la loi.

En tant que disciple de Jésus, l’aideriez-vous ? Même si l’aider était illégal ?

Un affrontement de valeurs

C’est un choc entre des royaumes. Non, notre guerre ne fait pas intervenir des armes à feu et des missiles balistiques. Cette guerre est un affrontement de valeurs et de vertus. Dieu a dit : « Allez, soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la terre », et aucun meurtrier ne fera partie du ciel. Le royaume adverse dit : « Nous craignons la surpopulation. Vous tuerez votre bébé, ou nous le tuerons pour vous. »

Et la bataille est engagée. Le royaume du Christ contre les royaumes de ce monde. La justice du Christ contre la propre justice de ceux qui choisissent leur propre norme du bien et du mal au lieu de se soumettre à la justice qu’Il a énoncée dans ses enseignements.

En tant que citoyens du royaume du Christ, les chrétiens sont pris dans l’affrontement avec les valeurs des royaumes terrestres sur de nombreux fronts. L’un des sujets épineux récurrents dans les rapports avec les royaumes de ce monde concerne la légitime défense et la guerre. L’éthique de Jésus consiste à vaincre le mal par le bien. Les royaumes de ce monde tentent d’endiguer le mal par la punition et la vengeance. Le meurtre d’Oussama ben Laden en représailles en est un exemple très récent. La méthode de Jésus pour vaincre Oussama aurait été de gagner son cœur par l’amour, le faisant passer du conflit et de la guerre à la paix et à l’amour. Les royaumes de ce monde ont « triomphé » de la haine d’Oussama en le tuant par vengeance.

Mais, hélas, il est très probable que la vengeance appellera la vengeance et que la haine se perpétuera. La haine ne vainc pas la haine. Seul l’amour vainc la haine.

L’affrontement dans l’histoire

Un exemple d’affrontement historique entre royaumes s’est produit lorsque des Européens enlevèrent (ou achetèrent des personnes enlevées) en Afrique et les expédièrent dans diverses régions du monde comme esclaves. De telles valeurs moralement perverties ne peuvent être acceptées par les disciples de Jésus, et certains d’entre eux commencèrent à prendre la parole. En 1688, fut publiée la première déclaration antiesclavagiste dans ce qui allait devenir les États-Unis d’Amérique. Un groupe de mennonites et de quakers près de Philadelphie rédigea une lettre adressée à d’autres quakers, leur reprochant d’accepter l’esclavage. Voici un extrait de cette lettre, présenté en anglais moderne :

Voici les raisons pour lesquelles nous sommes opposés au commerce des êtres humains : Y a-t-il quelqu’un qui aimerait être vendu ou réduit en esclavage pour toute sa vie ? Combien de gens sont craintifs et manquent de courage en mer lorsqu’ils aperçoivent un navire étranger — craignant qu’il ne s’agisse d’un navire turc et qu’ils ne soient capturés et vendus comme esclaves en Turquie. En quoi donc l’asservissement des Africains est-il meilleur que ce que font les Turcs ? Oui, c’est plutôt pire de la part de ceux qui se disent chrétiens ; car nous entendons dire que la plupart de ces Noirs sont amenés ici contre leur volonté et sans leur consentement, et que beaucoup d’entre eux sont enlevés. … Il est dit que nous devons traiter tous les hommes comme nous voudrions être traités nous-mêmes, sans faire de différence selon leur génération, leur origine ou leur couleur. Et ceux qui enlèvent ou volent des hommes, ainsi que ceux qui les achètent ou les acquièrent, ne sont-ils pas tous semblables ? … Mais nous nous opposons à ce qu’on amène des hommes ici, ou qu’on les enlève et les vende contre leur gré. … Je vous le demande : que pourrait-on nous faire de pire au monde que de nous enlever ou de nous voler, puis de nous vendre comme esclaves dans des pays étrangers, en séparant les maris de leurs femmes et de leurs enfants ? Puisque cela ne correspond pas à ce que nous voudrions qu’on nous fasse, nous nous opposons donc à l’achat et à la vente d’êtres humains. Et nous qui professons qu’il n’est pas permis de voler, devons également nous abstenir d’acheter des choses volées, et plutôt aider, si possible, à mettre fin à ces enlèvements et à ces vols. Et de tels hommes devraient être délivrés des mains des voleurs et libérés…

La déclaration antiesclavagiste de Germantown de 1688, sur deux pages
Quelques quakers et mennonites rédigèrent cette première déclaration publique antiesclavagiste en Amérique du Nord, en 1688. C’était une déclaration qui s’opposait aux royaumes de ce monde.

Les hommes courageux qui signèrent le document partirent du bon pied. Cette lettre fut envoyée à des coreligionnaires qui s’étaient laissé absorber par les valeurs et l’éthique de ce monde. Imaginez : des quakers qui achètent et vendent des esclaves ! La lettre était un reproche adressé à d’autres croyants, et non une déclaration politique adressée au gouvernement.

Pourtant, cette lettre s’opposait bel et bien aux royaumes politiques de ce monde. Elle suggérait que les chrétiens devraient « aider à mettre fin à ces enlèvements et à ces vols » et que « de tels hommes devraient être délivrés des mains des voleurs ». Après tout, si vous aviez été enlevé à votre famille et vendu comme esclave, n’apprécieriez-vous pas qu’on vous tende la main si vous vous échappiez ? La lettre n’appelait pas à une rébellion armée, ni même à une participation politique. Elle appelait les chrétiens à se repentir de leur participation à ce péché d’enlèvement légalisé et à se tenir prêts à aider ceux qui frapperaient à leur porte au milieu de la nuit pour demander refuge.

Au cours des 150 années suivantes, certaines des colonies américaines, puis les États-Unis d’Amérique, rendirent illégal le fait d’aider un esclave à s’enfuir. George Washington lui-même (qui possédait ou louait plus de 300 esclaves à sa mort) avait signé la loi de 1793 sur les esclaves fugitifs, qui infligeait une amende de 500 dollars (environ 50 000 dollars d’aujourd’hui) à ceux qui « hébergeraient ou cacheraient une telle personne après avoir été informés qu’elle était en fuite de son travail ». L’État de Caroline du Sud prévoyait même la peine de mort pour avoir aidé des esclaves à s’enfuir. Pourtant, de nombreux quakers et autres croyants se sentaient moralement tenus d’aider ceux qui étaient injustement enlevés — même si le royaume de ce monde appelé les États-Unis d’Amérique avait rendu illégal le fait de tendre la main avec amour et compassion. John Greenleaf Whittier, un quaker, exprima en vers la honte nationale de l’esclavage dans un poème intitulé Pour la cause de la justice. La première des cinq strophes — dédiée aux « amis arrêtés pour trahison envers le pouvoir esclavagiste » — est ainsi conçue :

L’époque est terne et mesquine. Les hommes rampent,
Ne marchent pas ; leur sang, trop pâle et trop calme,
Ne paie pas la dette qu’ils doivent à la honte ;
Acheter à bas prix, vendre cher ; manger, boire et dormir,
Bien au chaud, sourds aux besoins gémissants ;
Payer la dîme pour assurer son âme ; consacrer
Six jours à Mammon, un au Cant1

En 1850, une autre loi sur les esclaves fugitifs fut adoptée au niveau fédéral. Appelée « la loi des limiers » par les abolitionnistes, cette nouvelle loi porta l’amende à 1 000 dollars et prévoyait six mois de prison pour quiconque aidait un esclave en fuite ; elle donnait également aux autorités le droit de mandater n’importe quel citoyen et de le contraindre à participer à la capture des esclaves en fuite. Cela signifiait que si le shérif local arrivait et vous disait que vous étiez désormais mandaté pour rechercher des esclaves, vous étiez tenu par la loi d’aider à capturer les esclaves fugitifs, que cela vous plaise ou non.

Les citoyens américains qui comprenaient que le royaume du Christ rejette l’enlèvement légalisé et les mauvais traitements cruels infligés aux esclaves étaient contraints de choisir quelles lois ils laisseraient gouverner leurs choix : celles du royaume du Christ ou celles du royaume des États-Unis d’Amérique. Une fois encore, c’était un affrontement entre royaumes.

Un affrontement récent

Un autre exemple très récent de l’affrontement entre royaumes concerne un ministre anabaptiste nommé Timothy (Timo) Miller, missionnaire au Nicaragua. Lorsque Timothy vit l’occasion d’aider une ancienne lesbienne à soustraire son enfant à ce qui semblait être une acceptation forcée du « mariage » homosexuel, il lui tendit la main. Il risque maintenant une peine de trois ans de prison pour avoir aidé la mère de l’enfant à échapper à l’obligation de faire des choses contraires aux décrets de Dieu. Les valeurs et l’éthique du royaume du Christ — qui n’a jamais accepté et n’acceptera jamais les « mariages » homosexuels comme légitimes — se sont heurtées à un royaume qui affirme que chacun doit reconnaître la validité de ces « mariages ».

Et avec un choc et un fracas, la guerre est engagée. Quelle loi l’emporte sur l’autre ? La loi du Vermont, qui affirme que les « mariages » homosexuels sont aussi légitimes et contraignants que les mariages hétérosexuels ordonnés par Dieu ? Ou la loi du Christ l’emporte-t-elle sur les proclamations prétentieuses d’une nation pervertie ? Dans l’esprit des disciples du Christ, la question ne se pose pas.

Un Aréopage moderne

Comme Paul prêchant à l’Aréopage, je me suis récemment rendu dans un endroit où je ne passe pas beaucoup de temps d’ordinaire, pour y « prêcher ». Je suis allé en ligne et j’ai participé à une discussion dans la section des commentaires d’un média d’information national au sujet de l’affaire Timothy Miller. Voici quelques extraits remaniés de ce forum :

(Mike) On peut considérer des gens comme Timothy Miller comme des ravisseurs et de dangereux criminels, ou les voir à la lumière de ses ancêtres mennonites qui, avec les quakers, contribuèrent à créer le chemin de fer clandestin, malgré la signature par le président George Washington lui-même (qui possédait, louait et utilisait plus de 300 esclaves à sa mort) de la loi de 1793 sur les esclaves fugitifs, qui infligeait jusqu’à 500 dollars d’amende à ceux qui aidaient des esclaves à s’enfuir.

La maison d’Isaac Wenger en Virginie
La maison d’Isaac Wenger était une étape du chemin de fer clandestin mennonite dans la vallée de Shenandoah, en Virginie. Cette « ligne » aida des objecteurs de conscience à s’échapper vers le Nord pendant la guerre de Sécession.

Lisa Miller estime qu’elle ne peut moralement accepter les décisions du tribunal et qu’elle doit agir comme ceux qui ne pouvaient moralement accepter la loi de 1793 sur les esclaves fugitifs et devaient faire ce qu’ils jugeaient moralement juste : aider les esclaves à s’enfuir.

(Commentateur 1) Tim Miller mérite la prison, tout comme Lisa Miller (qui a également besoin d’un accompagnement en santé mentale). Espérons que l’enfant survivra à cette épreuve.

(Commentateur 2) Enlèvement au nom de Jésus !! Dieu merci, je suis chrétien !!

(Commentateur 3) Mike nous donne un nouvel exemple de « bon chrétien » — quelqu’un qui justifie l’enlèvement d’un enfant à son parent légal2 en comparant ce crime à la libération des esclaves.

Des ravisseurs pour Jésus ! ... Vu la gravité du problème, je me demande si tous les membres du clergé chrétien ne devraient pas être obligés de porter des bracelets GPS à la cheville, et si nous ne devrions pas établir une zone interdite au clergé de 2 000 pieds autour des lieux fréquentés par les enfants, comme les écoles, les terrains de jeu et les quartiers résidentiels. La zone interdite au clergé devrait aussi inclure les maternités et les garderies.

(Mike) Hmm. Et ceux qui utilisent le système judiciaire pour enlever un enfant à son parent biologique ? Supposons que cela soit déjà arrivé ? Enlèvement légalisé !

(Commentateur 1) Mike, cela arrive tous les jours au tribunal des affaires familiales. Comme le prouve cette affaire, certains parents biologiques sont inaptes et on ne peut pas leur faire confiance pour veiller au bien-être de leurs enfants.

(Mike) Timo Miller comparaîtra demain. Timo est un homme honnête, un prétendu « anabaptiste ». Il ne mentira pas au sujet de son implication dans cette affaire. (Il invoquera peut-être le cinquième amendement… je n’en sais rien.) Mais on ne s’attend pas à ce qu’il nie le fait que lui et un assez grand nombre d’entre nous qui n’y avons pas participé ressentons un impératif moral et éthique d’aider les parents biologiques à garder leurs enfants au lieu de les confier à des personnes qui ne sont pas leur parent biologique [sur la base d’unions homosexuelles].

Le droit civil se soumet toujours à la loi supérieure de la conscience. Bien que nous, les « anabaptistes », nous efforcions d’obéir au droit civil, nous avons un livre d’histoire de mille pages (appelé Le Miroir des martyrs) qui raconte ceux qui ont subi l’emprisonnement, la décapitation et d’autres persécutions de la part des gouvernements civils pour avoir fait ce que nous estimions être un impératif moral et éthique. Nous sommes reconnaissants que le gouvernement des États-Unis nous ait traités avec le plus grand respect dans ces domaines, davantage que tout autre gouvernement.

Couverture du Miroir des martyrs de Thieleman J. van Braght
Le Miroir des martyrs est un récit historique de l’affrontement entre le royaume du Christ et les royaumes de ce monde.

En général, nous ne participons pas au gouvernement civil, nous ne prenons pas les armes (certains d’entre nous ont passé du temps en prison lors de pratiquement toutes les guerres des États-Unis comme objecteurs de conscience, et deux de nos jeunes hommes sont morts des suites des mauvais traitements infligés par des responsables américains pendant la Première Guerre mondiale pour avoir refusé de prendre les armes) et nous n’intentons pas de procès.

Pierre tombale de Joseph Hofer, 1894–1918 Pierre tombale de Michael Hofer, 1893–1918
Deux huttérites, Joseph et Michael Hofer, moururent au pénitencier militaire de Leavenworth, au Kansas, des suites des mauvais traitements infligés par des responsables de l’armée américaine parce qu’ils avaient refusé de porter les armes pendant la Première Guerre mondiale.

Appelez cela la « charia chrétienne », ou comme vous voudrez. Nous croyons fermement que la conscience l’emporte sur les institutions humaines appelées droit civil. Et nous nous sommes engagés à mourir pour cela, si ceux qui ne sont pas d’accord décident de nous tuer ou de nous punir pour nos principes éthiques.

Mais nous ne ripostons pas par la force physique. Nous ne prendrons pas les armes. Nous ne mènerons pas de campagne politique pour imposer nos convictions aux autres. Nous choisissons de les vivre et invitons les autres à se joindre à nous, mais nous ne contraignons personne. Comme notre Maître, nous faisons ce que nous comprenons être juste, et nous nous attendons à en souffrir de la part de ceux qui ne comprennent pas.

(Commentateur 1) Notre droit civil laïque l’emporte chaque fois sur votre charia chrétienne. Vous n’avez pas plus le droit d’enfreindre nos lois civiles que Scott Roeder.

Espérons que les autres membres du réseau d’enlèvement d’enfants seront eux aussi capturés et emprisonnés. Ils méritent la justice.

(Mike) Scott Roeder a enfreint le droit civil, ainsi que l’éthique et les enseignements de la loi de Jésus. Je suis désolé de devoir le dire au nom du « christianisme », mais 90 % de ceux qui revendiquent ce nom ne suivent pas l’enseignement de Jésus. Et je ne veux pas non plus dire que nous, les « anabaptistes », le faisons parfaitement. Mais Scott Roeder aurait été excommunié de nos communautés s’il en avait été membre. (George Tiller l’aurait évidemment été aussi.)

Nous appelons cela « la doctrine des deux royaumes ». Nous vivons dans le royaume de Jésus en suivant ses lois et nous nous efforçons d’obéir au royaume civil dans lequel nous vivons également. Parfois, les lois des deux royaumes entrent en conflit — comme dans le cas de Timo Miller — et nous reconnaissons que nous devrons souffrir sous le royaume terrestre. Mais nous n’avons absolument pas l’intention d’étendre la loi de Jésus par la force, qu’elle soit militaire ou politique.

Envie de nous rejoindre ? C’est une communauté volontaire qui vainc le mal par le bien et ne se venge pas lorsqu’elle est mal comprise. Nous avons cumulé l’équivalent de milliers d’années de prison à cause de nos croyances et de nos actes. Le cas de Timo Miller pourrait encore allonger cette durée de quelques années.

Malgré cela, nous n’avons aucun projet de modifier nos principes éthiques et moraux.

(Commentateur 1) J’ignorais que la Constitution des États-Unis prévoyait une dérogation pour les anabaptistes, ou que les infractions civiles étaient évaluées selon les efforts théologiques. Je crois que c’est plutôt une question de réussite ou d’échec.

Espérons que les autres membres de cette secte seront rapidement capturés et condamnés à de longues peines afin qu’ils ne puissent plus faire de mal à des enfants innocents.

(Commentateur 2) Les ministères de Jerry Falwell et l’université Liberty, avec une belle bande d’« avocats » (si on peut les appeler ainsi), essaient par des moyens illégaux d’empêcher un enfant d’être avec son autre parent.

(Mike) Nous ne faisons pas partie de ce que font Falwell et l’université Liberty. Nos méthodes et notre éthique sont différentes des leurs. Nous pouvons parfois être du même côté sur certaines questions morales, mais notre conception de la manière de suivre le Christ est très différente. Dans cette situation, il s’agit d’un cas opposant baptistes et anabaptistes.

Nous savons que les gouvernements civils n’accordent pas de dérogations, même s’ils l’ont fait dans certains cas, par exemple en nous accordant le statut d’objecteurs de conscience lorsque nous leur disons que nous ne pouvons pas, en bonne conscience, tuer un autre être humain. Mais nous nous attendons pleinement à ce que les gouvernements civils ne nous comprennent pas dans certains cas. Et nous devrons souffrir sans résistance pour avoir fait ce que nous comprenons comme étant juste. Malgré cela, nous n’avons nullement l’intention d’essayer d’imposer notre éthique au gouvernement civil. Les décisions éthiques et morales imposées par la force ne font pas partie du royaume du Christ.

Vous êtes toujours invités à nous rejoindre ! Soyez prévenus : pour nous rejoindre, il faut prendre une chose appelée une croix. Cela signifie renoncer à tout droit à la légitime défense et accepter la seigneurie de Quelqu’un de supérieur. C’est douloureux, croyez-moi. Je veux dire, comme pour Timo Miller. Ce serait tellement plus facile de mentir au juge, d’intenter un procès en retour, de se battre avec une arme à feu…

(Commentateur 1) Hmmmm… on dirait qu’il faut mettre des bracelets GPS à la cheville de tous les anabaptistes et les surveiller de près. J’espérais qu’on pourrait se limiter au clergé, mais on dirait que toute la secte pourrait être impliquée.

Maintenant, c’est Timo la victime ? MDR.

J’espère que, en tant qu’homophobe, il appréciera la vie en prison pendant de nombreuses années. [Fin de la discussion.]

La charia chrétienne

Qu’ont en commun les musulmans, les juifs, les catholiques, les mormons, les évangéliques et le mouvement homosexuel ? Tous propagent leurs valeurs par la force. Chaque groupe recourt au pouvoir politique, judiciaire et/ou militaire pour imposer aux autres ses normes morales et éthiques. Les juges avec leurs maillets, les prisons, les procès, les campagnes politiques… autant de signes d’un royaume de ce monde. Qu’il s’agisse d’un royaume musulman strict ou d’un programme libéral de défense des droits des homosexuels. Malgré l’hostilité qui oppose les homosexuels aux religions organisées interdisant leurs actes pervertis, tous agissent en dehors du royaume de Dieu lorsqu’ils utilisent la force pour imposer leur morale — ou son absence — à ceux qui ne la partagent pas. Dans le cas de Timo Miller, l’État du Vermont et le mouvement homosexuel semblent déterminés à contraindre tout le monde à reconnaître la validité de leur immoralité. Une belle bande d’avocats et de responsables de l’application de la loi veillera à ce que nous acceptions tous leur norme morale… que cela nous plaise ou non.

C’est sur ce point que le royaume de Dieu diffère des royaumes de ce monde. Bien que le royaume de Dieu ait probablement la norme morale et éthique la plus élevée au monde, la force n’est jamais utilisée pour le propager. L’adhésion est volontaire. Soit on décide librement (par la foi) de faire partie du royaume de Dieu, soit on n’y entre tout simplement pas. Personne ne le contraindra, par l’épée ou par un procès, à suivre les enseignements de Jésus.

Et c’est sur ce point que le « christianisme du royaume » se sépare des évangéliques, des catholiques, des orthodoxes et des autres « chrétiens ». Les seuls moyens employés pour propager le royaume de Dieu sont l’enseignement et l’exemple. La seule « discipline » consiste à retirer délibérément la communion fraternelle à ceux qui parlent sans agir. Là où commencent les campagnes politiques et où résonnent les tambours de guerre, là où le shérif passe les menottes ou où les amendes sont imposées, là s’arrête le royaume de Dieu.

Les deux royaumes

Les saints de Dieu comprennent qu’ils vivent dans un monde où coexistent deux royaumes. Leur première allégeance va au roi Jésus, à ses valeurs, à ses enseignements et à son éthique. Si le royaume civil dans lequel ils résident permet aux citoyens du royaume du Christ de vivre selon leurs principes en paix, tant mieux ! Pourtant, historiquement, la plupart du temps, il y a eu une lutte incessante pour obtenir l’allégeance des chrétiens entre le royaume de Dieu et le royaume civil dans lequel ils résident.

Nous, ici, aux États-Unis, avons eu la chance de vivre sous un gouvernement civil qui a probablement été le plus favorable à l’éthique du Christ de toute l’histoire. Cependant, les choses changent rapidement. Il y a une ou deux générations, on n’aurait probablement jamais imaginé que Timo Miller serait arrêté pour avoir aidé une mère à empêcher que son enfant soit forcé de vivre avec une lesbienne qui n’est pas de sa famille. À en juger par la situation, à moins d’un repentir national et d’un réveil spirituel, les choses ne s’amélioreront pas au cours des prochaines décennies. Le jour pourrait bien venir — plus tôt qu’on ne le pense — où la loi exigera que les enfants soient endoctrinés avec les valeurs perverties de la société païenne que deviennent les États-Unis. Faites de « Heather a deux mamans » une partie du programme d’enseignement à domicile, ou les services sociaux prendront vos enfants… et les placeront chez Frank et Joe, le nouveau « couple » qui habite dans la rue et vient d’obtenir le droit d’accueillir des enfants en famille d’accueil.

Portrait de profil d’un homme tatoué au visage et portant des piercings
Le jour pourrait bien venir où la loi exigera que les enfants soient endoctrinés avec les valeurs perverties de la société païenne que deviennent les États-Unis.
Crédit photo : utilisateur de Wikipédia Nicor

Lorsque vos enfants seront emmenés et placés dans un tel environnement, l’affrontement des royaumes retentira soudain avec force et clarté ! Vous devrez alors décider à quel royaume vous vous rangerez. Et vous ranger du côté du royaume du Christ pourrait vous conduire devant un juge sévère armé d’un gros maillet.

Boum !!! « Coupable ! Deux ans de prison avec sursis et perte des droits parentaux pour… »

Sommes-nous prêts ? ~

1 Un « cant » peut désigner une façade ou un discours religieux. Je ne sais pas quel sens il voulait donner ici à ce mot. Mais dans les deux cas, Whittier semble avoir estimé qu’aller à l’église tout en possédant des esclaves relevait du « cant ».

2 Au moment où elle a quitté les États-Unis, Lisa Miller avait toujours la garde légale de son enfant. Le commentateur ici (et ailleurs) formule des affirmations générales, peut-être simplement dans le but de provoquer.

  • Portrait de profil d’un homme tatoué au visage et portant des piercings · Photo credit: Wikipedia User: Nicor

Référence de la revue

Quand les royaumes s’affrontent. Mike Atnip. The Heartbeat of The Remnant, mai/juin 2011 · Volume 17 · Numéro 3. Pages d’origine 29–33.

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