Et Jésus, marchant le long de la mer de Galilée, vit deux frères, Simon appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. Et il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Et ils laissèrent aussitôt leurs filets, et le suivirent. Et étant allé de là, il vit d'autres deux frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans une barque avec Zébédée leur père, qui réparaient leurs filets ; et il les appela. Et ils quittèrent tout de suite la barque et leur père, et le suivirent –Matthieu 4:18-22.
Ils savaient peu où ce chemin les conduirait. Ils reçurent l'appel, ils répondirent à l'appel, et maintenant ils étaient en route pour un voyage qui changerait leurs vies à jamais. Nous savons peu, lorsque nous choisissons de suivre Jésus, où ce voyage nous mènera. C'est pourquoi on le considère comme un chemin de foi.
Une chose est certaine : marcher avec Jésus vous conduira à une vie de sainteté. Que voulons-nous dire exactement par sainteté ? La sainteté est la somme entière de la justice de Jésus manifestée dans nos vies par l'œuvre de la régénération et le renouvellement intérieur du Saint-Esprit.
Jean-Baptiste parla de Jésus : Moi, je vous baptise d'eau pour la repentance ; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de porter les souliers ; lui vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. Il tient son van dans sa main, et il nettoiera son aire, et rassemblera son blé dans le grenier ; mais il brûlera la paille par un feu inextinguible –Matthieu 3:11-12.
Cela parle du baptême du Saint-Esprit et du feu, et de l'épuration complète que Jésus apporterait. Jésus n'est pas venu avec violence et pourtant Sa juste présence balaya la Palestine comme une brise qui vannait. Ceux qui le rejetèrent furent emportés et disparurent du récit. Ceux qui l'aimèrent furent établis comme les élus qui devinrent les fondateurs d'un nouveau royaume érigé sur des principes inconnus jusque-là.
Les principes de ce nouveau royaume se manifestent dans la vie du Christ et se trouvent expliqués dans ses enseignements. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus proposa un enseignement qui mettait au défi le pharisien le plus pieux et dérangeait l'apathie du pécheur. Les enseignements de Jésus ne pouvaient être pris à la légère car ils éveillaient un profond désir dans le cœur humain pour l'amour et la paix qu'ils offraient tout en exposant l'égoïsme inné qui les empêchait.
Ce fut cette promesse et cet espoir d'une nouvelle humanité qui attira des foules après lui. Elles suivaient Jésus, certains espérant un miracle, d'autres du pain, mais beaucoup étaient attirés par un profond désir intérieur de délivrance de l'étreinte du péché. Ceux qui cherchèrent véritablement la délivrance la trouvèrent.
Une telle disciple fut Marie de Magdala. L'Écriture ne nous donne que des aperçus succincts de sa vie. Elle semble avoir été l'une de plusieurs femmes mentionnées dans les Écritures qui suivirent Jésus. Le docteur Luc nous dit que Jésus la guérit d'esprits mauvais et d'infirmités. Apparemment, elle n'était pas seulement possédée d'esprits mauvais, mais aussi affligée physiquement.
Et il arriva ensuite qu'il allait par toutes les villes et les villages, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu : et les douze étaient avec lui, et certaines femmes qui avaient été guéries d'esprits mauvais et d'infirmités, Marie appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, et Joanna, femme de Chuza, administrateur d'Hérode, et Suzanne, et beaucoup d'autres qui le servaient de leurs biens –Luc 8:1-3.
Marie devint une fidèle suivante de Jésus. Sa présence est particulièrement notée dans les Écritures après la mort du Christ. Elle fut la première au sépulcre tôt le matin de la résurrection et elle y resta quand les autres étaient partis. Sa poursuite diligente du Christ fut récompensée quand Jésus lui apparut le premier.
Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : Seigneur, si tu l'as emporté d'ici, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit : Marie. Elle se retourna et lui dit : Rabbouni, c'est-à-dire Maître –Jean 20:15-16.
Marie reconnut Jésus au moment où il prononça son nom. Cette intimité naquit d'une passion pour le Christ qui était le fruit de sa délivrance. L'amour de Marie pour Jésus résultait d'avoir été délivrée de sept démons.
La mission première de Jésus en venant sur terre fut de nous délivrer de la puissance du péché. Dans Luc 5, le docteur Luc rapporte l'histoire d'un homme paralysé. Il ne pouvait pas marcher. Ses amis l'apportèrent pour la guérison, mais ils ne purent atteindre Jésus à cause de la foule. Ils montèrent donc sur le toit et ôtèrent suffisamment de tuiles pour laisser passer leur ami et le descendirent dans la présence de Jésus. Quelle ingéniosité ! Combien ils étaient désespérés d'aider leur ami à trouver la guérison.
Et voyant leur foi, il dit au paralytique : Homme, tes péchés te sont pardonnés –Luc 5:20. Ils cherchaient la guérison, mais Jésus vit le besoin plus profond de l'âme de cet homme, alors il offrit le pardon. Cela, bien sûr, excita la colère des pharisiens qui …commencèrent à raisonner, disant : Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes ? Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? –Luc 5:21. Ils avaient raison : seul Dieu peut pardonner les péchés, mais ce qu'ils ne voulaient pas croire, c'est que Jésus était le Fils de Dieu et qu'ainsi il avait le pouvoir de pardonner les péchés. Alors Jésus ajouta : …Que raisonnez-vous dans vos cœurs ? Lequel est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis ; ou de dire : Lève-toi et marche ? Mais afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés, (dit-il au paralytique,) je te dis, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison –Luc 5:22-24.
Suivre Jésus, c'est laisser vos péchés. Nous nous tromperions grandement en suggérant que la sainteté est le produit d'un effort humain. Notre chemin vers la sainteté doit être un chemin vers le Calvaire. Beaucoup d"hommes saints" et de "femmes saintes" à travers les âges ont cherché à vivre une vie sainte par leur propre force. Ce qui arrive toujours, c'est que nous nous contentons d'une forme de piété qui est inférieure à la justice du Christ. Nous nous contentons d'une religion faisable.
L'apôtre Paul, écrivant au sujet de ses frères juifs, dit : Car eux, ignorant la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ne se sont point soumis à la justice de Dieu –Romains 10:3.
Cette « justice de Dieu » est une justice intérieure du cœur qui ne peut venir que par l'œuvre de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit. C'est pour cette raison que notre marche avec Jésus doit nous conduire au Calvaire, car c'est là que nous contemplons notre Seigneur mourant—sanglant, mourant pour nos péchés—pour mes péchés—pour tes péchés.
Le sang de Jésus est le seul moyen d'obtenir la « justice de Dieu ». La « justice de Dieu » est imputée par le pardon, et elle est le fruit de nos vies après avoir été fortifiés par le Saint-Esprit. Dans tous les cas, la « justice de Dieu » est attribuée à l'œuvre du Christ sur la croix. Il n'y a pas d'autre moyen d'atteindre la sainteté.
Dans Matthieu 22, Jésus raconta l'histoire d'un roi qui prépara les noces pour son fils. Lorsque les invités (le peuple juif) refusèrent son invitation, l'invitation fut alors étendue à tous ceux qui n'avaient pas été invités, et les noces furent pourvues d'invités.
Quand le roi vint voir le festin, il en fut satisfait jusqu'à ce qu'il aperçoive un homme qui ne portait pas le vêtement nuptial. (Un vêtement nuptial était un vêtement de lin blanc fourni par le maître du festin.)
Je cite Adam Clark : « Parmi les Orientaux, de longues robes blanches étaient portées lors des fêtes publiques ; et ceux qui paraissaient à de telles occasions avec d'autres vêtements étaient estimés non seulement très coupables, mais dignes de punition. Celui qui avait invité les convives préparait un tel vêtement pour chacun, pour le moment ; et avec lequel il était pourvu lorsqu'il s'adressait au maître du festin. C'est cela qui rendait la conduite de la personne mentionnée dans le texte inexcusables ; il aurait pu avoir un vêtement nuptial convenable, s'il en avait fait la demande ».
« Ne pas porter de vêtement nuptial » revenait à insulter le maître du festin, qui fournissait tout (y compris le vêtement nuptial) afin que tous les convives soient également appropriés pour l'occasion. Personne ne devait être exclu pour manque de vêtements convenables ou de toute autre commodité. Le roi fournissait l'invitation et toutes les commodités nécessaires, et l'invité n'avait qu'à accepter l'invitation et recevoir la provision gracieuse du roi.
Quelle belle analogie du Royaume des Cieux. Le Roi nous a invités à son festin céleste. Il veut que nous venions et jouissions du festin avec lui. Il veut que nous venions, peu importe qui nous sommes ou d'où nous venons—certains des égouts du péché, d'autres des profondeurs de l'ignorance, et d'autres des temples de l'orgueil de soi. Tous sont invités à venir à égalité—Tous doivent accepter l'invitation, et tous doivent porter le vêtement nuptial.
Nous ne savons pas exactement dans quel état se trouvait cet homme qui refusa le vêtement nuptial, mais une compréhension générale de la nature humaine indiquerait qu'il était probablement un gentilhomme bien vêtu. Ceux qui venaient mal vêtus auraient accueilli le vêtement nuptial pour dissimuler leur vraie condition. Très probablement cet homme voulait exhiber son élégance. Il ne se sentit pas disposé à couvrir ses beaux habits d'un simple manteau blanc.
C'est la condition de tous ceux qui se fient à leur propre justice. Le meilleur que nous puissions apporter à Dieu est insuffisant comparé à la justice que Dieu exige. Ésaïe écrivit : Nous sommes tous devenus impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; et nous tous flétrissons comme une feuille ; et nos iniquités, comme le vent, nous emportent –Ésaïe 64:6.
Dans cette situation désespérée, nous nous trouvons dans le besoin d'un rédempteur. Dieu nous a pourvus d'un Rédempteur en son Fils, Jésus. En qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon les richesses de sa grâce –Éphésiens 1:7. Dieu nous a invités à son festin, et il nous a pourvus de tout ce qui est nécessaire pour que nous puissions être rendus justes.
Un attribut d'une personne qui a été purifiée du péché par le sang du Christ est l'adoration. Luc raconte l'histoire d'une femme qui « était une pécheresse » et qui vint adorer Jésus : Et voici, une femme de la ville, qui était une pécheresse, ayant appris que Jésus était à table chez un pharisien, apporta un vase d'albâtre plein d'un parfum ; et se tenant derrière ses pieds, elle pleurait, et commença à arroser ses pieds de ses larmes, et les essuyait avec les cheveux de sa tête, et les baisait, et les oignait de parfum. Or, quand le pharisien qui l'avait invité vit cela, il pensa en lui-même, disant : Si cet homme était un prophète, il saurait qui est et quel genre de femme est celle qui le touche ; car c'est une pécheresse –Luc 7:37-39.
Nous ne connaissons pas son nom, seulement qu'elle « était une pécheresse ». Tel était sa réputation—elle n'était « pas bonne ». Mais elle avait apparemment eu une rencontre antérieure avec Jésus. Elle vint chez Simon pour offrir son sacrifice d'action de grâce. Elle apporta le meilleur qu'elle avait. Un vase d'albâtre de parfum qu'on dit valoir un salaire d'une année. Elle oint les pieds de Jésus et les lava de ses larmes—larmes de repentance, larmes de joie, larmes de soulagement.
Simon observa son adoration. Il la méprisa dans son cœur. Il considéra son offrande comme un grand gaspillage. Jésus le mit au défi. Il dit à Simon : Vois-tu cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as pas donné d'eau pour les pieds ; mais elle a lavé mes pieds de ses larmes, et les a essuyés de ses cheveux. Tu ne m'as pas donné de baiser ; mais depuis que je suis entré, cette femme n'a pas cessé de baiser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête d'huile ; mais cette femme a oint mes pieds de parfum. C'est pourquoi je te le dis, ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé : mais à qui l'on pardonne peu, il aime peu –Luc 7:44-47.
Il dit à la femme : …Tes péchés sont pardonnés –Luc 7:48. Le pardon et la délivrance du péché éveillent le cœur à l'adoration. Lorsqu'un homme ou une femme est libéré de la culpabilité et de l'esclavage du péché, la louange jaillit librement. Simon était un pharisien qui comptait sur sa propre justice. Pourtant Jésus le conduisit à la conscience qu'il manquait grandement d'amour et d'adoration.
Suivre Jésus nous conduira à la sainteté du cœur et de la vie. Suivre Jésus nous met face à face avec la cause et le remède du problème du péché. La cause du péché est notre nature charnelle déchue, et notre nature déchue est révélée à la lumière de sa sainteté. Avec Marie-Madeleine et les autres disciples, en cheminant avec Jésus, nous prenons conscience de notre besoin et notre besoin crie pour sa grâce. Le remède à notre péché est Jésus—…tu lui donneras le nom de JÉSUS ; car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés –Matthieu 1:21.
Dans le célèbre hymne d'Augustus Toplady, Rocher des âges, nous trouvons cette ligne–
Sois le double remède du péché ; délivre-moi de sa culpabilité (par le pardon) et de sa puissance (par la sanctification).



