REMNANT Revue

Exercice spirituel

ASSURANCE

Numéro d’origineThe Heartbeat of The Remnant · Printemps 2021 · Volume 25 · Numéro 1

Une chose que j’ai remarquée à maintes reprises en lisant la Parole de Dieu, c’est que le peuple de Dieu est plein d’assurance. Pensons à Noé. Lorsque Dieu lui a dit de construire une arche, il n’a pas vacillé. Pendant les 120 années qui ont suivi, il s’est consacré avec assurance à cette tâche. Je pense ensuite à Abraham, qui faisait avec assurance tout ce que Dieu lui demandait, même lorsqu’Il lui a demandé de sacrifier son fils unique. Nous ne pouvons parler d’assurance sans mentionner Caleb et Josué qui, après avoir entendu tous leurs compagnons formuler des rapports empreints de doute, ont décrit avec assurance ce qu’il fallait faire de ce nouveau pays de Canaan : …Montons tout de suite, et prenons possession du pays, car nous sommes bien capables de le conquérir –Nombres 13:30.

N’oublions pas David, qui est allé faire taire le grand détracteur — Goliath. N’oublions pas non plus Daniel, Gédéon, Job, Ézéchiel, Ésaïe ou Jérémie, et tout ce qu’ils ont accompli avec assurance. En étudiant chacun de ces hommes de foi, et bien d’autres encore, nous voyons clairement qu’ils avaient une grande confiance en leur Dieu !

Certains diront peut-être que si Dieu agissait aujourd’hui comme Il le faisait alors, nous aurions davantage d’assurance. Peut-être serait-ce plus facile si Dieu était encore le Dieu de l’Ancien Testament. S’Il nous conduisait au combat, détruisait nos ennemis, ouvrait les mers et faisait tomber le pain du ciel, alors nous aurions davantage confiance en Lui.

Considérons maintenant le Nouveau Testament. La situation est tout autre. Il est ordonné au peuple de Dieu de tout quitter à cause de Christ. On lui promet que le monde le haïra. On lui dit qu’il est difficile à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. On lui garantit qu’il sera béni s’il souffre, s’il est pauvre, s’il a faim et s’il pleure.

Peut-on encore avoir confiance en un Dieu qui demande à son peuple de le suivre dans de telles circonstances ? Oui ! Les disciples l’ont prouvé. Ils allaient prêcher et enseigner. On les pourchassait et les battait sans cesse. Étienne, le diacre, a fait preuve d’une grande assurance lorsqu’il a comparu devant ses oppresseurs, même quand ils ont commencé à grincer des dents contre lui et à le lapider. Étienne a gardé son assurance jusqu’à son dernier souffle, dans la douleur.

Une forêt de conifères brumeuse au bord d’un lac

Avant de devenir l’apôtre Paul, Saul était un ennemi de la croix, le plus grand des pécheurs et un pharisien parmi les pharisiens. C’était un homme influent, formé par les meilleurs. Puis il a rencontré le Dieu vivant, et tout a changé. Après le baptême de Paul, …il se mit aussitôt à prêcher Christ dans les synagogues, proclamant qu’il est le Fils de Dieu –Actes 9:20. Le verset suivant dit que les gens étaient stupéfaits ; puis, au verset 23, cinq versets après son baptême, il est dit que les Juifs se concertèrent pour le faire mourir.

Il faut une grande confiance en Dieu pour changer un homme ainsi, pour le faire changer complètement d’allégeance du jour au lendemain. Selon son propre témoignage, Paul est resté fidèle jusqu’à sa mort : Car je suis maintenant prêt à être offert, et le temps de mon départ est proche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi : –2 Timothée 4:6-7.

Dieu a accompli des choses extraordinaires dans le Nouveau Testament. Il a guéri des aveugles et rendu la vie aux morts. Il a libéré des prisonniers et frappé des gens à mort. Certains diront qu’il serait plus facile d’avoir une grande confiance en Dieu si nous vivions encore à l’époque biblique du Nouveau Testament, quand Jésus marchait et parlait physiquement ici-bas.

Et après la Bible ?

Dans l’Église primitive, nous voyons de nouveau un groupe de personnes qui ne vacillaient pas ; elles avaient confiance en leur Dieu, un Dieu qu’elles ne pouvaient voir. Des dizaines de milliers de personnes appartenant au peuple de Dieu se tenaient hardiment devant le monde et dénonçaient sa méchanceté, et des dizaines de milliers de personnes appartenant au peuple de Dieu ont été tuées. Personne n’a jamais mis en doute l’assurance de ces gens. On les traitait d’insensés parce qu’ils croyaient en un « Dieu qu’ils ne pouvaient voir ». On se moquait d’eux et on les méprisait pour leur « folie » ; ils étaient …mis à mort tout le jour… –Psaume 44:22. On remettait en question leurs pratiques, leur organisation religieuse, le message qu’ils prêchaient, et bien d’autres choses, mais jamais leur assurance. Ces chrétiens croyaient en leur Dieu, cela ne faisait aucun doute.

Étrangement, les plaisirs de cette vie ne les intéressaient pas ; ils ne se souciaient pas des choses de ce monde, et même leur propre vie était un bien peu de chose à abandonner pour leur Dieu. Des familles étaient déchirées, des maisons et des terres confisquées, des églises incendiées, mais rien de tout cela ne les troublait ni ne les arrêtait. Ils vivaient pour quelque chose de plus grand, quelque chose que les païens ne pouvaient comprendre.

À l’époque de l’Église primitive et pendant la Réforme, des gens ont rejoint le Royaume en grand nombre. Oui, des enfants ont grandi et se sont joints à l’Église de leurs parents, mais de grandes foules de nouveaux convertis issus du monde sont aussi venues. Comment convaincre une personne attachée au monde de rejoindre un groupe traqué et mis à mort — un groupe qui souffrait comme l’Église de Jésus-Christ a souffert ? Oui, nous savons que le salut vient du Seigneur, mais c’est l’assurance du peuple de Dieu qui faisait s’interroger les autres et les amenait à considérer sérieusement cette nouvelle religion d’hérétiques. Ce groupe de gens acceptait volontiers qu’on le dépouille de ses biens, était heureux de donner tout ce qu’il possédait pour aider les autres et ne résistait pas à son arrestation par les autorités. La véritable Église de Jésus-Christ était un groupe de gens qui amenait toujours les autres à se demander : « Qui sont ces gens ? » Ils mettaient manifestement toute leur foi en leur Dieu, et cela n’arrivait pas souvent. Ils défendaient la Vérité de Dieu, quelle que soit l’intensité du feu, quelle que soit la misère de leur vie. Tout cela témoignait d’une grande assurance, non en eux-mêmes, mais en leur Dieu.

Quand nous regardons l’Église aujourd’hui, que voyons-nous ? Certains membres du peuple de Dieu prennent leur croix et renoncent au monde et à ses convoitises ; d’autres ne le font pas. L’Église d’aujourd’hui est-elle encore connue pour avoir confiance en son Dieu ?

Nous qui professons être chrétiens, avons-nous perdu une part de cette assurance biblique ? Servons-nous encore sans équivoque le seul vrai Dieu ? Les gens nous regardent-ils avec admiration devant l’assurance que nous manifestons en notre Dieu ? Trop de gens aujourd’hui se disent chrétiens, mais ne manifestent que très peu de confiance en Dieu. Leur façon de vivre est très proche de celle du monde. Au lieu de se réjouir des persécutions, ils prennent plaisir à beaucoup des mêmes choses que le monde. Chacun de nous a besoin du feu de Dieu qui brûle au plus profond de son cœur, d’un feu qui ne peut être éteint.

L’assurance équivaut à l’obéissance. J’ai rencontré bien des chrétiens de notre époque dont les ancêtres ont donné leur vie pour Christ et dont les grands-pères ont dirigé l’Église avec courage, mais il semble maintenant que quelque chose manque. En côtoyant de nombreux chrétiens craignant Dieu, il me semble qu’ils ont généralement du mal à avoir de l’assurance — confiance en un Dieu vivant, tout-puissant, omniscient et omniprésent.

Dans l’incertitude du monde actuel, nous devons proclamer de nouveau avec hardiesse le message de l’Évangile, comme le faisaient les vrais croyants autrefois. Nous devons tracer clairement des lignes bibliques distinctes entre le bien et le mal. Nous devons nous débarrasser de toutes ces zones grises déplorables et appeler le péché par son nom. Il semble que nous ayons perdu l’assurance nécessaire pour dénoncer le péché de notre époque. Si nous proclamons avec assurance ce que Dieu a déclaré, certaines personnes ne nous aimeront pas. Il nous faut des frères qui n’ont pas peur d’être raillés et qui sont prêts à emprunter le chemin le moins fréquenté.

Juste avant que notre Seigneur ne monte au ciel, il a fait à ses disciples une glorieuse promesse : …vous recevrez une puissance, après que le Saint-Esprit sera venu sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre –Actes 1:8.

Vous recevrez une puissance ! Non pas une puissance venant des hommes, ni des royaumes de ce monde, mais une puissance véritable, victorieuse — une puissance qui vient uniquement du Saint-Esprit ! Après avoir reçu cette puissance, nous allons de l’avant comme une nouvelle créature, proclamant avec assurance le bienheureux Évangile de notre Rédempteur.

Il nous faut des cœurs embrasés par la volonté et la Parole de Dieu. Il nous faut des cœurs en feu !

Un jour, je déjeunais lorsqu’un couple est venu me poser une question sérieuse : « Pourquoi l’Église pense-t-elle qu’elle doit nous contrôler ? » Après qu’ils m’ont expliqué pourquoi, selon eux, ils devraient pouvoir être « libres en Christ », j’étais impatient de répondre à leurs questions. Cependant, un autre frère ordonné était assis à côté de moi. J’ai donc décidé d’attendre, espérant qu’il engagerait la conversation avec le couple, mais il n’a rien dit. Pendant les quarante-cinq minutes qui ont suivi, j’ai essayé d’expliquer au couple qu’ils devaient renoncer à eux-mêmes et se soumettre à l’Église. Et que s’ils faisaient pleinement don de leur vie, s’ils s’abandonnaient entièrement, ils n’auraient plus autant de difficultés avec la structure de l’Église.

Le couple semblait encouragé et prêt à réessayer. Pourtant, le ministre assis à côté de moi ne semblait pas très satisfait ; je lui ai donc demandé ce qu’il en pensait. Il m’a dit que son père lui avait raconté, des années auparavant, que dans sa jeunesse il pensait avoir réponse à tout. En vieillissant, il s’était rendu compte qu’il ne savait rien et que les problèmes de l’Église étaient trop compliqués à résoudre. Il fallait simplement essayer de s’entendre.

Est-ce là la réponse : faire comme si nous ne savions rien et espérer que tout s’arrangera à la fin ? Je comprends que nous n’ayons pas toutes les réponses. Après tout, je me rends compte que la plupart du temps j’ai plus de questions que de réponses. Cependant, je sais ce que Dieu veut pour son Église ! …Christ aussi a aimé l’Église et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier et de la purifier par le bain d’eau, au moyen de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable –Éphésiens 5:25-27.

Une Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable ! Allons-nous, nous qui sommes le peuple de Dieu, défendre de nouveau la vérité, renoncer au monde et, comme des brebis, nous laisser conduire à l’abattoir ? Ou avons-nous rendu nos vies trop confortables pour y renoncer, avons-nous choisi le chemin facile (large) et rejeté le chemin droit et étroit ? Avons-nous conclu un accord de paix avec les serviteurs du péché ? Si je pleure en écrivant, pleurerez-vous en lisant ?

Le mot assurance se définit ainsi : un sentiment ou une conscience de ses propres capacités. Beaucoup de gens confondent aujourd’hui l’assurance avec l’orgueil, et ce n’est pas sans raison. La plupart des gens sûrs d’eux ont confiance en eux-mêmes plutôt qu’en Christ. Nous voyons cette confiance en soi partout autour de nous. Dans le monde entier, des coachs de vie et des conseillers disent aux gens de croire en eux-mêmes, de prendre confiance en eux-mêmes. Quand on a confiance en soi, on devient souvent orgueilleux. N’oublions pas que le monde ne condamne pas l’orgueil. Partout où vous regardez, vous pouvez entendre le monde se vanter de son orgueil. Les gens sont fiers de leurs enfants, de leur pays, de leur équipe sportive préférée, de leurs pelouses, fiers, en somme, de presque tout ce qui va bien dans leur vie. Nous devons nous rappeler que l’orgueil est un péché et qu’il n’entrera pas dans le ciel. Si avoir confiance en soi ou dans les choses relève de l’orgueil, avoir confiance en Dieu n’en relève pas !

Confondre la confiance en Dieu avec l’orgueil n’est pas une idée nouvelle. Éliab, le frère aîné de David, lui a dit : « Je connais ton orgueil. » David était-il orgueilleux ? Non, il avait simplement une grande confiance en son Dieu.

Se pourrait-il qu’une fausse humilité ait réduit l’Église au silence ? Se pourrait-il que cette tactique de l’ennemi soit l’une des armes que Satan utilise actuellement contre les chrétiens ? Se pourrait-il aussi que ce soit la raison pour laquelle l’Église semble avoir des difficultés partout dans le monde ? Et si des hommes fidèles se lançaient de nouveau par la foi, avec une grande confiance en leur Dieu, et montraient par leurs paroles et leurs actes à ce monde souillé par le péché le chemin droit et étroit qui mène au Royaume de Dieu ?!

Nous devons tous reconnaître que nous vivons dans un monde dérouté — un monde qui ne sait plus distinguer le bien du mal. Et si le monde pouvait regarder l’Église et y retrouver un groupe de gens qui savent exactement où ils vont — une Église qui ne doute pas du bon chemin — une Église qui peut proclamer hardiment la réponse aux problèmes de notre époque — une Église qui a tout simplement une entière confiance en son DIEU ?

Venons devant notre Dieu à genoux, le cœur humble, manifestant une véritable tristesse selon Dieu pour nous être égarés. Cherchons avec ardeur la volonté de Dieu pour nous-mêmes, nos familles, nos Églises et nos voisins. Demandons à Dieu de nous montrer comment être ses exemples auprès du monde qui nous entoure. L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi, car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux humbles ; il m’a envoyé pour panser ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer la liberté aux captifs et l’ouverture de la prison à ceux qui sont enchaînés, pour publier une année de grâce de l’Éternel et un jour de vengeance de notre Dieu, pour consoler tous les affligés, pour accorder à ceux qui sont dans le deuil en Sion, pour leur donner la beauté au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu, afin qu’on les appelle des arbres de justice, une plantation de l’Éternel, afin qu’il soit glorifié –Ésaïe 61:1-3.

  • Une forêt de conifères brumeuse au bord d’un lac · Unsplash.com

Référence de la revue

ASSURANCE. by Barry Grant Titanyen, Haiti. The Heartbeat of The Remnant, Printemps 2021 · Volume 25 · Numéro 1. Pages d’origine 4–6.

The Berean Voice

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