REMNANT Revue

Vie chrétienne

N’y a-t-il pas une cause ?

Numéro d’origineThe Heartbeat of the Remnant · Printemps 2022 · Volume 26 · Numéro 1

Et David dit : Qu’ai-je donc fait ? N’y a-t-il pas une cause ? –1 Samuel 17:29.

L’histoire de David et Goliath s’est déroulée il y a plus de trois millénaires et, depuis lors, elle demeure un récit favori des jeunes comme des personnes âgées. Le sort du plus faible est quelque chose auquel nous nous identifions tous. Peut-être nous imaginons-nous inconsciemment dans une situation aussi défavorable et espérons-nous secrètement qu’un jour, nous aussi, nous aurons notre chance, de la même façon. Malheureusement, ce genre de réussite aléatoire semble davantage relever d’une production hollywoodienne que de la vraie vie. Nous ne voyons que le conflit entre le jeune et le vieux, le berger et le guerrier, les lourdes armes militaires et la fronde. Pourtant, David avait adopté dans sa jeunesse certains principes préalables qui faisaient de lui un candidat idéal à la réussite. Mais ceux-ci passent souvent inaperçus, tant nous aimons les victoires romantiques et grandioses.

Si la seule vision que nous avons de nous-mêmes nous vient du miroir social qui nous entoure, notre perception intérieure sera déformée, comme notre reflet dans un miroir déformant de fête foraine. Les opinions et les perceptions de notre milieu social nous donnent souvent, sous nos yeux et à nos oreilles, une image maladroite et faussée de notre personne. Parfois, cette image est irréalistement positive et présente la personne comme admirable aux yeux des médias, alors même qu’elle a manifesté très peu de qualités héroïques.

Le monde du sport est probablement le plus grand contrevenant à cet égard. On fait l’éloge des personnes qui courent, lancent ou tirent mieux que tous les autres. Mais le talent sportif ajoute bien peu à leur valeur véritable et honnête en tant qu’êtres humains. À l’autre extrême, une immense quantité de remarques négatives et dégradantes cherche à décourager toute tentative. Ces remarques pleuvent en abondance de la part de parents stressés, de frères et sœurs peu sûrs d’eux, de patrons frustrés et de quantité d’autres connaissances qui cherchent à se définir dans une société où règne la « survie du plus apte ». Les messages provenant de ces deux camps sont décousus et disproportionnés. Se faire dire qu’on est formidable ne nous rendra jamais formidables, pas plus qu’un barrage de remarques désobligeantes ne nous rendra humbles. Malheureusement, trop souvent, beaucoup d’entre nous laissons ces projections disproportionnées influencer notre manière de penser et tracer notre chemin.

Le plus grand don, celui qui place l’humanité au-dessus du reste de la création, ne réside pas dans ses capacités physiques, mais dans son esprit. Les animaux les plus intelligents peuvent être dressés à se comporter de façon responsable, mais ils ne peuvent ni choisir ni diriger ce dressage. En tant qu’êtres humains, cependant, nous pouvons nous écrire de nouveaux programmes, entièrement indépendants de nos instincts ou du conditionnement de notre environnement. Ceux d’entre nous qui vivent naturellement selon leurs instincts et leur conditionnement s’élèveront à peine au-dessus du règne animal. Mais ceux qui exerceront et développeront ces dons rempliront de manière unique le rôle que Dieu a conçu pour eux lorsqu’ils affronteront les géants. Le temps et la position de David étaient uniques, mais les principes qu’il avait adoptés étaient universels. Si je pouvais apprendre à mon chien à yodler, cela prouverait que les chiens peuvent yodler et ouvrirait la possibilité à d’autres de le faire aussi. De même, si David avait vaincu Goliath par le seul miracle, nous n’aurions aucun espoir, sinon de nous asseoir et d’attendre que Dieu fasse de même pour nous. Toutefois, si des principes étaient au cœur de la victoire, alors nous avons un exemple à suivre et une vertu à acquérir pour l’employer sur notre propre champ de bataille.

Lorsque David se leva tôt ce matin-là et chargea sur son épaule son sac de grain, de pain et de fromage pour les apporter à ses frères, il n’avait aucune idée de ce que la journée lui réservait. Le Seigneur était son berger, et il ne manquait de rien ; mais, en arrivant sur les lieux, il fut stupéfait par ce qu’il vit. Les deux armées étaient postées sur des montagnes opposées et se trouvaient dans une impasse. Descendre toute son armée dans la vallée et combattre l’ennemi en remontant la pente aurait placé une armée dans une situation très désavantageuse, un risque qu’aucun des deux camps ne voulait prendre. Les Philistins invoquèrent donc une pratique courante de la guerre en proposant que deux guerriers s’affrontent dans la vallée, sans donner d’avantage à aucun des deux camps. Mais les Philistins comptaient un géant dans leurs rangs, qui terrorisait l’armée d’Israël. Quand David s’enquit de la situation et demanda pourquoi personne n’affrontait les blasphèmes outrageants de cet infidèle, son frère aîné lui adressa une vive réprimande : … La colère d’Éliab s’enflamma contre David, et il dit : Pourquoi es-tu descendu ici ? Et à qui as-tu laissé ces quelques brebis dans le désert ? Je connais ton orgueil et la méchanceté de ton cœur ; c’est pour voir la bataille que tu es descendu. Et David dit : Qu’ai-je donc fait ? N’y a-t-il pas une cause ? –1 Samuel 17:28-29.

Ayant les regards sur Jésus, l’auteur et le consommateur de notre foi ; qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a enduré la croix, méprisé la honte, et s’est assis à la droite du trône de Dieu –Hébreux 12:2. Lorsqu’un homme a une cause devant lui, il peut endurer presque n’importe quoi. Certains endurent pour une couronne périssable. Le roi Saül avait promis une fortune exemptée d’impôts et le statut de gendre du roi, mais cette dot terrestre n’attira aucun volontaire. Si la perspective d’une gloire terrestre ne signifiait rien pour le cœur tendre de David, les railleries blasphématoires de Goliath y allumèrent un feu jaloux, et David s’avança par la foi. Mais la foi n’est pas un simple caprice qu’on peut gonfler à l’aide d’une pompe émotionnelle. Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les œuvres [l’action] est morte aussi –Jacques 2:26. Ainsi, la cause clairement devant lui et son Dieu à ses côtés, David se propose d’affronter Goliath.

David s’avança donc en agissant selon des principes pieux et sans corruption…

Une conscience attentive réside dans l’âme de l’homme et détermine ce qui nous tient à cœur. Beaucoup pensent que la conscience ne sert qu’à nous imposer des limites. Mais la conscience humaine a aussi été créée pour fonctionner dans le sens inverse. Lorsque nous sommes convaincus qu’une chose est bonne et juste, nous la poursuivons avec passion. Thomas Edison a dit que le génie, c’est 1 % d’inspiration et 99 % de transpiration. Cela est peut-être assez vrai, mais il ne fait aucun doute que l’inspiration doit arriver la première. Les aspirations de Jacob pour Rachel lui firent oublier les sept années de labeur. La quête d’Edison pour trouver une ampoule électrique efficace lui fit oublier les milliers d’éléments qui avaient échoué.

L’apathie insouciante en est le contraire et résulte d’une conscience cautérisée. David était stupéfait que les railleries blasphématoires de Goliath ne donnent à l’armée de Dieu aucune raison d’agir. Donnez à un homme une raison de vivre et il trouvera le moyen –Nietzke. Prisonnier de l’Holocauste dans un camp de concentration nazi, Victor Frankl fut affecté à l’infirmerie du camp, où des prisonniers mouraient du typhus. Il observa que lorsqu’une personne perdait espoir, la mort suivait bientôt. De même, pour beaucoup de nos jours, lorsque l’espoir d’un gain personnel s’évanouit dans la mêlée, la passion de triompher s’évanouit aussi. Aujourd’hui, la plupart des travailleurs se préoccupent davantage de leur salaire que de faire un travail bon et digne. Souvent, lorsqu’un homme perd ses sentiments pour sa femme, il croit être incapable de l’aimer ; mais un homme dont la conscience est saine à l’égard des principes pieux agira avec amour envers elle, quels que soient ses sentiments ou sa réaction à elle. La cause est éveillée et alimentée par la conscience et pose les fondements d’une action passionnée.

Une imagination honnête appartient au domaine de l’esprit et est guidée par notre conscience. La nécessité est mère de l’invention –Anonyme. Certains attendent de découvrir la vie, tandis que d’autres l’inventent au fur et à mesure. Cela ne donne pas le droit de se réclamer de faux idéaux. La démarche de David est honnête, car les médias qui l’entourent ne l’ont pas déformé. Dans les collines de Bethléhem, il avait remporté des succès contre des bêtes (un lion et un ours) et, avec l’aide de Dieu, il n’avait pas peur d’en affronter une (un homme de guerre depuis sa jeunesse) dans la vallée d’Éla.

Lorsque Saül consent à contrecœur à la proposition de David, il entreprend d’armer le jeune homme à la manière typique du monde. Même si porter l’armure du roi aurait pu être un honneur, David n’en voulut pas : … Je ne puis marcher avec cette armure, car je ne l’ai pas éprouvée. Et David s’en débarrassa –1 Samuel 17:39, choisissant plutôt cinq pierres. Savoir ce que font les autres et savoir ce qu’il faut faire ne sont pas nécessairement la même chose.

Les croyances craintives de l’armée israélite étaient enracinées dans un système de valeurs païen. Goliath n’était pas le problème ; le problème était plutôt la peur incrédule et la supposition qu’il fallait combattre selon les règles du monde. Ceux qui embrassent une cause véritable et digne trouveront sûrement l’imagination nécessaire pour la poursuivre.

Goliath avait d’emblée supposé qu’il mènerait le combat selon ses propres conditions. Outré et furieux, il s’écrie : … Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs –1 Samuel 17:44. En tant que géant, la vitesse et l’agilité ne sont pas ses points forts ; il ordonne donc à David de venir à lui. Mais Goliath a largement surestimé ses propres capacités et sous-estimé son adversaire. Selon certaines estimations, à six ou sept tours par seconde, la fronde de David avait une puissance d’arrêt comparable à celle d’un pistolet de calibre 45 mm, et la main d’un frondeur habile … pouvait lancer des pierres à un cheveu près sans manquer sa cible –Juges 20:16. Il n’était pas rare qu’ils parviennent à toucher des oiseaux en plein vol. Des ruines antiques ont révélé des pinces qui auraient servi aux militaires à retirer les pierres enfoncées dans les soldats blessés. Si Goliath avait eu une lance et David un pistolet, nous ne croirions pas si facilement que l’homme le plus grand avait l’avantage principal.

Une action fidèle est inévitable lorsque notre corps est soumis à notre âme et à notre esprit, et qu’ils sont dirigés par l’Esprit de Dieu. Nous sommes alors libres d’agir indépendamment de notre nature et des autres influences. Lorsque les passions concupiscentes du corps mortel dominent notre cœur et notre esprit intérieurs, nous sommes vaincus avant même de faire un pas vers l’ennemi. En tant que vases conçus par Dieu, dotés d’un libre arbitre moral, nous avons la capacité divine de choisir notre conduite. Certains croient qu’être proactif consiste simplement à prendre l’initiative. Mais l’initiative à elle seule ne nous préparera pas à la victoire, pas plus qu’elle ne l’a fait pour les fils de Scéva. Le désir de dominer n’est pas plus noble que la rage effrénée de Goliath, qui voulait détruire ce jeune parvenu. Son adrénaline montait tandis qu’il méprisait la jeunesse de David, tirait des conclusions hâtives, se vexait facilement et s’étonnait de l’ignorance des autres.

Mais David n’était animé d’aucune mission aussi réactive. Son but était que toute la terre sache qu’il y a un Dieu en Israël. Et toute cette assemblée saura que l’Éternel ne sauve pas par l’épée ni par la lance… –1 Samuel 17:47. Une action fidèle doit viser à offrir ce que l’on a, plutôt qu’à obtenir ce que l’on n’a pas. Si la vie fait surgir des soucis que nous n’avons pas la capacité de changer, il est vain d’y consacrer notre attention. Joseph ne pouvait changer l’accueil de ses frères, la tromperie de la femme de son maître, l’isolement de la prison ni les illusions de l’échanson. La foi du jeune berger nous enseigne à cesser de nous lamenter sur ce que nous voudrions être et à commencer à être ce que nous devrions être. Nous devons cesser de chercher un miracle et commencer à chercher une occasion. Il ne s’agit pas de triompher dans une situation extrêmement défavorable, mais plutôt de notre façon de réagir à un embouteillage, à un enfant désobéissant, à un client furieux ou à un conjoint exigeant. Il s’agit de nous attacher à une cause assez grande pour désamorcer les réactions égoïstes et susciter une action proactive et charitable.

Pourquoi les pilotes kamikazes japonais accepteraient-ils de mourir pour une cause vouée à l’échec pendant la Seconde Guerre mondiale ? Pourquoi des terroristes musulmans se feraient-ils exploser ? Pourquoi les prêtres et les religieuses catholiques font-ils vœu de célibat et de pauvreté ? Le chrétien n’a-t-il pas une cause qui s’étend plus loin et plus profondément que les géants de ce monde ? N’y a-t-il pas une cause qui stimule notre imagination et sanctifie notre action ? N’y en a-t-il même pas une qui transforme notre travail banal en un canal de grâce au service du Roi de l’Univers ? En quoi l’histoire aurait-elle été différente si Jessé avait passé sa retraite comme les personnes âgées de notre époque ? Dieu abat les géants au moyen des instruments que nous lui remettons : de l’aiguille de Dorcas… au clou de Jaël, des barques de l’entreprise de Zébédée… aux fils qu’il chérit.

Shamgar avait un aiguillon à bœufs ;
David avait une fronde ;
Dorcus avait une aiguille ;
Rahab avait un cordon ;
Samson avait une mâchoire ;
Moïse avait un bâton ;
Marie avait un parfum ;
Et tous furent utilisés pour Dieu !

Un berger conduit un troupeau à travers une vallée montagneuse rocheuse
  • Un berger conduit un troupeau à travers une vallée montagneuse rocheuse · Unsplash.com

Référence de la revue

N’y a-t-il pas une cause ?. by Lee Rufener Athens, WI. The Heartbeat of the Remnant, Printemps 2022 · Volume 26 · Numéro 1. Pages d’origine 11–13.

The Berean Voice

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