Et Pierre, prenant la parole, lui dit: Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. Et il dit: Viens. Et Pierre, étant descendu de la barque, marcha sur les eaux, pour aller à Jésus – Matthieu 14:28-29.
Les hommes qui suivent Jésus sont des hommes de foi. Le discipulat n'est pas pour les lâches ni pour les faible de cœur, ni pour ceux qui exigent une justification rationnelle pour des actes d'obéissance. Les disciples avaient passé la journée avec Jésus. Après la multiplication des pains pour cinq mille personnes, Matthieu écrit que …immédiatement Jésus força ses disciples à monter dans la barque, et à passer devant lui de l'autre côté, pendant qu'il renverrait la foule – Matthieu 14:22.
S'il y avait quelque chose que les disciples connaissaient bien et pour lequel ils étaient habiles, c'était la navigation sur les eaux du lac de Galilée. C'était leur territoire. Pierre et Jean avaient pêché ces eaux avec leur père depuis leurs plus lointains souvenirs. Mais cette nuit-là, ils progressaient peu… le vent leur était contraire.
Et dans la quatrième veille de la nuit Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Et les disciples, voyant qu'il marchait sur la mer, furent troublés, disant: C'est un fantôme; et ils crièrent de peur. Mais aussitôt Jésus leur parla, disant: Rassurez-vous, c'est moi; n'ayez pas peur – Matthieu 14:25-27.
Pierre fit alors cet appel audacieux …Seigneur, si c'est toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux – Matthieu 14:28. À quoi pensait Pierre ? Il n'avait jamais marché sur l'eau. Jésus ne lui demandait pas de marcher sur l'eau. Ce n'était pas logique. Cela défiait les lois de la nature… pourtant quand Jésus dit «viens», Pierre sortit de la barque et marcha sur l'eau pour aller à Jésus. C'est exact ! Il foulait l'eau.
Pierre répondait à un appel clair de Jésus. Jésus avait dit «viens». Il est important de comprendre que la foi est notre réponse à l'appel clair de Dieu sur nos vies. Trop souvent, dans notre ambition d'être utiles, nous choisissons notre propre voie et appelons notre ambition «foi» alors que Dieu n'y est peut‑être pas du tout.
Si tu veux être un homme de foi, ouvre ta Bible et prie. Demande à Dieu de révéler son plan pour ta vie. La Bible contient de nombreux commandements qui peuvent fournir une direction pratique pour nos vies. Prends Dieu au mot. Avance par la foi et l'obéissance, alors tu feras l'expérience du miracle de la puissance de Dieu dans ta vie.
La barque de Pierre était sa sécurité. Lui et sa barque avaient une longue relation. Elle lui avait bien rendu service pendant de nombreuses années. Pierre se sentait comme chez lui dans sa vieille embarcation, bien que ce soir elle ne semble pas bien répondre à sa maîtrise de marin. Il avait tiré bien des prises de poissons par-dessus le bord. Maintenant, alors qu'il se tient sur son pont et regarde Jésus s'approcher, «marchant sur l'eau», il est submergé par le désir d'aller vers Jésus. Dans un abandon téméraire il descendit du pont… et un miracle se produisit.
Une marche de foi nous appelle souvent à nous éloigner de ce qui est familier et sûr. Si nous faisons de la sûreté et de la sécurité notre priorité — si nous limitons nos actions à des risques soigneusement calculés (limitant à ce que nous pouvons gérer et contrôler) — nous limitons la puissance de Dieu agissant en nous et à travers nous.
Nos ancêtres en Europe savaient que s'ils embrassaient le chemin d'un discipulat sans réserve, cela pouvait coûter cher. Ils risquaient la saisie de leurs biens ; beaucoup d'entre eux perdirent tout ce qu'ils possédaient. Puisqu'ils faisaient face volontairement à l'emprisonnement et à la mort, nous les appelons des héros de la foi. C'étaient des hommes prêts à tout abandonner pour l'Évangile. À cause de leur foi nous recevons les bénéfices d'un héritage pieux.
Je félicite notre jeune génération de jeunes anabaptistes pour leur volonté de faire de suivre Jésus une priorité. Par le passé, notre priorité a été de bâtir notre base de sécurité, que ce soit notre ferme ou notre entreprise, puis d'envisager l'oeuvre missionnaire comme une possibilité. Ce n'était jamais le modèle de service de Jésus. Quand Jésus envoya ses disciples, il disait: Et il leur dit: Ne prenez rien pour le voyage, ni bâtons, ni sac, ni pain, ni argent; et ne prenez pas deux tuniques – Luc 9:3.
Plus tard, après qu'ils furent revenus, Jésus leur dit: Et il leur dit: Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, vous a‑t‑il manqué quelque chose? Et ils dirent: Rien – Luc 22:35.
Tu n'as pas besoin d'aller en mission étrangère pour faire l'expérience de la puissance de Dieu déployée dans ta vie. Chaque acte d'obéissance radicale est un acte de foi. Il y a des hommes dans nos communautés anabaptistes qui subissent une défaite morale. Si nous succombons à une mentalité de victime («je ne peux pas m'en empêcher»), et définissons l'échec moral comme une addiction, nous nous préparons à une défaite continue. Les hommes de foi sont des hommes d'action qui prennent des mesures mesurables d'obéissance qui les conduiront à la victoire ultime. L'échec moral commence par de petits compromis qui aboutissent à une défaite écrasante.
Les actions de Pierre n'étaient pas logiques. Si Pierre avait traité sa décision selon la méthode scientifique, il n'aurait pas pris un tel risque. Beaucoup des commandements simples du Christ n'ont pas de raisonnement scientifique apparent. Du baptême à la communion, du lavement des pieds à l'onction d'huile, ce sont tous des actes de foi. La signification et la puissance de chacun résident dans le fait de les accomplir avec un cœur d'obéissance et de foi, non dans la chose elle‑même.
Il en va de même pour de nombreux aspects de l'expérience chrétienne. Nous pouvons analyser indéfiniment une chose, aboutissant finalement à sa ruine. Cela arrive dans bien des églises. Nous raisonnons pour nous passer du voile de la femme. Nous raisonnons pour nous passer d'un mode de vie conforme. Nous raisonnons pour nous passer de la permanence du mariage. Nous raisonnons pour nous passer de la responsabilité fraternelle. Ce qui nous reste ne ressemble en rien aux enseignements simples de Jésus. Le discipulat nous appelle à une obéissance fidèle. Jésus et les apôtres l'ont enseignée, donc nous la pratiquons. La bénédiction et la puissance résident dans le fait de la pratiquer.
C'est ce que Pierre découvrit. Il marcha sur l'eau ! Il n'a pas plongé un orteil pour tester l'eau d'abord. J'aime penser qu'il sauta de la barque et frappa l'eau avec les deux pieds. Cela aurait été de la foi, et Pierre avait la foi.
Mais voyant le vent impétueux, il eut peur; et comme il commençait à enfoncer, il s'écria, disant: Seigneur, sauve‑moi. Et aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as‑tu douté? Et quand ils furent montés dans la barque, le vent cessa – Matthieu 14:30-32.
Pierre eut la foi nécessaire pour marcher sur l'eau jusqu'à ce qu'il commence à regarder autour de lui et à analyser sa situation selon la méthode scientifique. Il ne s'agit pas ici de décrédibiliser la méthode scientifique. La méthode scientifique prouve l'ordre de la création et l'existence d'un créateur.
Dans Hébreux 11 nous lisons que …la foi est une ferme assurance des choses qu'on espère, une démonstration de celles qu'on ne voit pas – Hébreux 11:1.
C'est notre foi qui est la substance et notre foi qui est la preuve des réalités spirituelles. Tout comme la méthode scientifique prouve les réalités du monde créé, notre foi prouve les réalités spirituelles.
Le vent impétueux et les vagues déchaînées produisirent un Pierre craintif et qui sombrait. Parfois nous critiquons Pierre pour avoir détourné les yeux de Jésus et sombré dans les vagues ; cependant, Pierre marcha sur l'eau, je ne connais personne d'autre qui ait marché sur l'eau. Lorsque nous passons d'une foi obéissante à une rationalisation charnelle, nous perdons la puissance avec Dieu.
Suggérons‑nous que la foi soit irrationnelle ? Non, pas du tout. En fait, le premier acte de foi est de croire que Jésus est le logos. Jean écrivit, Au commencement était la Parole [Logos], et la Parole [Logos] était avec Dieu, et la Parole [Logos] était Dieu – Jean 1:1. C'est du mot grec Logos que nous tirons notre mot français logique.
Ainsi qu'il existe des lois dans la nature qui rendent la méthode scientifique durable et reproductible, il existe des lois spirituelles qui donnent ordre et cohésion à notre homme intérieur. Jésus est l'incarnation de ces vérités. Ses enseignements sont la révélation de ces vérités et par sa mort et sa résurrection ces vérités sont devenues accessibles à tous. Jésus promit, Cependant, quand il, l'Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité… – Jean 16:13.
Les hommes de foi sont des hommes qui ont des yeux pour voir ces réalités spirituelles. Leur vision n'est pas limitée au monde naturel. Ils comprennent qu'il existe des réalités spirituelles qui ont une «cause et effet» dans nos vies aussi puissantes que la «cause et effet» que nous voyons autour de nous dans le monde naturel chaque jour.
Ces réalités ne sont visibles que pour les hommes de foi. Paul écrivit, Or, l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu; car elles sont folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge – 1 Corinthiens 2:14. Les hommes de foi sont des hommes dont la vie est gouvernée par des réalités spirituelles incompréhensibles pour l'homme naturel. Si tu veux être un homme de foi, attends‑toi à être incompris. Tu t'engages dans un chemin qui sera contraire à la vision du monde de beaucoup.
Quand Pierre commença à sombrer dans les vagues il s'écria: «Seigneur, sauve‑moi». Son appel plaintif révéla une confiance absolue en son Seigneur. Jésus tendit la main et le sauva. Les paroles suivantes de Jésus continuent de nous mettre au défi. Il dit à Pierre, …Homme de peu de foi, pourquoi as‑tu douté? – Matthieu 14:31. Pierre venait de marcher sur l'eau — un exploit qu'aucun homme n'avait accompli avant ou depuis — pourtant Jésus parla de «peu de foi» et demanda, «pourquoi as‑tu douté ?».
Jésus dit à un autre moment, …Si vous aviez la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: Transporte‑toi d'ici à là; et elle se transporterait; et rien ne vous serait impossible – Matthieu 17:20.
Si le «peu de foi» de Pierre le rendit capable de marcher sur l'eau, et si une foi aussi petite qu'un grain de moutarde peut transporter des montagnes, que dire de ta foi et de la mienne ?
Peut‑être est‑ce la preuve que notre foi est plus petite que le «peu de foi» de Pierre et plus minuscule que le tout petit grain de moutarde ?! C'est aussi la preuve que Dieu honore la petite foi. Ce qu'il n'honore pas, c'est l'absence de foi. Selon votre foi qu'il vous soit fait. Petite foi…marche sur l'eau ! Pas de foi…coule sous les vagues !
Puisque Jésus est le «Logos», il est maître du monde naturel et du monde spirituel. Il s'est montré Maître du vent et des vagues — et quand ils furent montés dans la barque, le vent cessa – Matthieu 14:32. Et il s'est montré Maître du monde spirituel — alors ceux qui étaient dans la barque vinrent et l'adorèrent, disant: Tu es véritablement le Fils de Dieu – Matthieu 14:33.
Nous, dans notre monde occidental, sommes devenus si rassasiés de matérialisme que nous pouvons facilement être amenés à croire que les réalités naturelles sont les réalités les plus puissantes. Ce matérialisme nous assaille, non seulement par l'abondance de choses matérielles, mais aussi par un bombardement de philosophie humaniste. La philosophie humaniste est une pensée dépourvue de réalité spirituelle… dépourvue de foi.
Si tu, en tant qu'homme, te trouves en train de sombrer dans des vagues de désespoir… que ce soit des luttes financières… que ce soit des difficultés relationnelles… une défaillance morale ou peut‑être que tu te trouves être ton propre critique le plus sévère… permets‑moi de te défier d'élever les yeux vers celui qui est le Logos. Jésus est celui qui est maître de tes circonstances et celui qui serait Seigneur de ton âme. Permettre à Jésus d'être Seigneur de ton âme, c'est vivre dans l'obéissance de foi aux enseignements radicaux de Jésus.
Pour vivre en harmonie avec le monde naturel nous honorons les lois de la nature. Quand nous remplaçons un toit, nous respectons la loi de la gravité. En conduisant un véhicule, nous ralentissons dans les virages par respect pour la loi de l'inertie. Défier les lois naturelles et quelqu'un se blesse.
Pour vivre en harmonie avec le monde spirituel, nous honorons la loi du Christ. Nous aimons notre prochain. Nous pardonnons à notre frère. Nous gardons nos vœux de mariage. Nous supportons …les fardeaux les uns des autres, et nous accomplissons ainsi la loi du Christ – Galates 6:2.
Les hommes de foi sont des hommes qui sont accordés à ces réalités spirituelles et ordonnent leur vie en conséquence.


