# Quand la voie de Dieu fonctionne

DE SŒUR À SŒUR

Langue: fr  
Auteur: Anna L\. Martin  
Poteau, OK  
Numéro d’origine: The Heartbeat of The Remnant, Été 2020, Numéro 2  
Pages d’origine: 22–27  
Lire l’article: <https://remnant.truechristian.church/fr/femmes/quand-la-voie-de-dieu-fonctionne/>
PDF d’origine: Summer\-2020\-Remnant\.pdf
[The Heartbeat of The Remnant, Été 2020](<https://remnant.truechristian.church/fr/issues/heartbeat-remnant-2020-summer/>)

![La main d’un nouveau\-né tenant le doigt d’un adulte](<https://remnant.truechristian.church/images/articles/ba15e3da-aab4-401c-9ec7-64b88ac22833-1.jpg>)

Nous avons demandé au Seigneur de nous donner cet enfant, notre troisième, notre troisième fils\. Il est venu au printemps, couronnement de la création d’une vie nouvelle, en se lamentant de se retrouver dans un environnement inconnu\. Les gens commentaient ses pleurs : ils les trouvaient adorables\. Nous aussi\. Nous l’aimions, nous le câlinions et nous l’avons appelé Judson\.

Avant la naissance de Judson, Sterling et moi nous étions engagés à emmener notre groupe de jeunes en mission au Mexique\. Le départ était prévu cinq semaines après l’arrivée de Judson\. En tant qu’épouse du responsable, je devais apporter de quoi nourrir notre groupe pendant toute la durée du séjour\. Faire des listes et faire les courses m’accaparaient dans les préparatifs\.

Judson, lui, se préparait à sa manière\. Il avait des problèmes intestinaux\. Il passa sept jours sans salir sa couche\. J’en parlai à ma sage\-femme, mais cela ne l’inquiéta pas\. Quand sept autres jours passèrent avant la couche suivante, bien remplie, je consultai son pédiatre\. Elle non plus ne s’inquiéta pas\. Nous sommes donc partis pour le Mexique : Sterling et moi, notre bébé de cinq semaines et deux fourgonnettes pleines de jeunes\.

Bien que les préparatifs m’aient épuisée, le séjour au Mexique ressemblait à des vacances\. Sur place, je n’avais qu’à m’occuper de mon bébé et à veiller aux repas\. Mais Judson n’aimait pas du tout le voyage\. Je le câlinais pendant des heures, assise sous une bâche sur un flanc de colline spectaculaire, d’où je contemplais le chantier où notre groupe travaillait\. Judson semblait agité et mal à l’aise avec moi\. Il pleurait si quelqu’un d’autre le prenait\. Je sentais que quelque chose n’allait pas, mais je n’avais aucun signe précis, hormis le fait que les jours passaient sans couche sale\.

La sixième nuit au Mexique, j’ai couché Judson dans son lit de camp\. Mais le Seigneur m’a ramenée vers lui et m’a poussée à le prendre dans mon lit, à côté de moi\. J’ai ressenti distinctement cette impulsion et j’y ai obéi, bien que les autres nuits j’aie laissé Judson dormir dans son lit\. Nous avons dormi\. Au cours de la nuit, Judson s’est réveillé, refusant de se laisser apaiser\. À moitié endormie moi\-même, j’ai essayé ceci, puis cela\. Soudain, il a poussé un cri, mais s’est étouffé au milieu de celui\-ci, puis s’est relâché\.

« Sterling \! » ai\-je crié\. « Allume la lampe de poche \! Il ne respire plus \! » Je me suis redressée dans le lit et j’ai examiné mon bébé à la lumière de la lampe\. Son petit visage faisait des efforts désespérés, mais aucun souffle ni aucun son ne sortait\. Quelques secondes plus tard, il s’est remis à respirer et a crié de nouveau\. Puis il s’est étouffé\. Comme si une main invisible lui serrait le cou fragile, son souffle s’est arrêté et ses yeux se sont exorbités de terreur\. J’ai passé mon doigt dans sa bouche pour vérifier si quelque chose obstruait ses voies respiratoires, mais je n’ai rien trouvé\. Tremblant, Judson a haleté et pleuré\. Des larmes lui sont sorties des yeux\. « Oh, prions », ai\-je supplié\. Sterling a prié, entassant pêle\-mêle ses supplications vers le ciel, tandis que notre bébé cessait de nouveau de respirer\. La scène s’est répétée plusieurs fois encore : quelques secondes de cris terrorisés, puis quelques secondes de silence torturé\. Le visage de Judson s’est couvert de sueur\. C’était atroce à regarder\. Les pensées se bousculaient dans ma tête : Notre bébé va mourir\. Comme ça\. Sans avertissement\. Ici, sans aide médicale\. Oh Dieu \! Aide\-nous, aide\-nous, aide\-nous \! Comment peut\-on simplement regarder son bébé mourir ?

« Je vais chercher la femme du missionnaire », a décidé Sterling\. Je balbutiais des prières, tout en soutenant Judson\. Quand la femme du missionnaire est arrivée, je le lui ai confié, reconnaissante de la présence d’une femme plus âgée que moi\. Nous avons prié ensemble, suppliant Dieu d’intervenir\. Judson s’est mis à pleurer et à respirer normalement pendant qu’elle l’examinait\. Elle me l’a rendu quand il s’est calmé\.

« Je ne sais pas ce que c’est », a\-t\-elle dit après que nous lui avons raconté ce qui s’était passé\. Nous l’avons remerciée de s’être levée en pleine nuit, puis nous sommes retournés dans notre chambre\. J’ai pleuré tandis que Judson dormait paisiblement dans mes bras\.

« J’ai l’impression que c’était une manifestation démoniaque », a déclaré Sterling\. « Si le diable peut nous effrayer avec ce qui pourrait arriver à notre bébé pendant que nous sommes perdus au milieu de nulle part, il peut nous faire plier bagage et partir avec tout notre groupe\. Le diable sait qu’il se passe ici de bonnes choses sur le plan spirituel ; ce n’est pas le moment de fuir\. Nous ne pouvons pas le laisser nous remplir de peur\. »

J’étais d’accord\. La façon inhabituelle dont la respiration de Judson s’interrompait puis reprenait donnait l’impression qu’une main maléfique lui serrait le cou\. Il ne semblait pas y avoir d’autre explication naturelle à cet événement terrifiant\. Sterling a posé la main sur Judson et a prié, en réprimandant expressément le diable et en demandant la protection de Dieu\. Nous nous sommes couchés en paix et en sécurité, puis nous avons dormi\.

Le matin, Judson semblait ne pas avoir été troublé par l’épisode, bien qu’il fût de plus en plus agité\. Huit, neuf, puis dix jours se sont écoulés sans qu’il aille à la selle\. Il pleurait, et ses doux petits pleurs adorables me brisaient le cœur\. Sur le chemin du retour aux États\-Unis, je m’inquiétais de le voir se détourner du sein, se tortiller et s’agiter jusqu’à ce qu’il s’endorme plutôt que de téter\.

Puis il a commencé à régurgiter\. Quand il a fini par vomir un liquide jaune vif, je me suis alarmée\. Le onzième jour, nous avons consulté une infirmière praticienne dans une communauté mennonite au Mexique\. Elle a examiné Judson, écouté mon récit, puis m’a répondu calmement : « Et c’est votre premier enfant ? »

« Non », ai\-je répondu, aussi calmement qu’elle\. « C’est mon troisième\. » Elle m’a alors regardée dans les yeux, en silence, et a réexaminé Judson\. Elle lui a donné un suppositoire, en faisant remarquer que tous les bébés sont différents\. Et c’est vrai\. Celui\-ci l’était assurément \! Le soulagement local apporté par le suppositoire semblait faire du bien à Judson\.

Il avait sept semaines quand nous sommes rentrés\. De l’âge de trois semaines à sept mois, il a eu des problèmes intestinaux\.

Le dimanche, les gens lui touchaient le petit visage, en commentant ses doux petits pleurs\. Les autres jours, je me blottissais dans le fauteuil à bascule, entendant et n’entendant pas ses doux petits pleurs\. Certains jours, ils semblaient ne jamais s’arrêter\. Je le portais, sauf quand il faisait la sieste\. J’ai appris à reconnaître son cycle : plusieurs jours sans selles, pendant lesquels il devenait progressivement plus grincheux, tétait moins, puis finissait par pleurer franchement jusqu’à ce que je lui donne le soulagement temporaire d’un suppositoire\. Contrairement à ce que l’on soupçonnait souvent, il n’était pas constipé\. Mon intuition maternelle me disait qu’en lui, quelque chose ne déclenchait pas naturellement les mouvements intestinaux\.

« Sans céréales », suggérait un livre\. « Il pourrait s’agir de la maladie de Hirschsprung, que l’on peut traiter naturellement en supprimant les céréales\. » J’ai donc cessé d’en manger\. Cinq semaines se sont traînées au rythme de ce régime modifié\. Judson ne semblait pas remarquer mes efforts\.

Son pédiatre a écouté mon récit de ses habitudes, puis a prescrit un examen pour rechercher la maladie de Hirschsprung\.

L’examen n’a rien révélé\. J’ai repris avec reconnaissance les céréales, mais le dimanche suivant, on m’a donné un nouveau conseil\. Une mère expérimentée est venue me trouver dans la garderie, où je m’étais réfugiée loin du brouhaha de la salle de réunion, en berçant mon petit garçon, encore et encore\. « Avez\-vous envisagé de supprimer les produits laitiers ? »

Eh bien, non, pas vraiment\.

« Je pense que vous devriez essayer de supprimer les produits laitiers », a\-t\-elle décidé\. Comme si elle consultait un manuel médical bien feuilleté, elle a énuméré les raisons de cette approche\.

Son pédiatre n’approuvait pas l’idée d’un régime sans produits laitiers\. Je suis allée à son cabinet après trois semaines de régime\. « Vous avez besoin des matières grasses des produits laitiers pour maintenir votre production de lait », m’a\-t\-elle réprimandée\. « Et puis, le premier signe d’une intolérance au lait, c’est la présence de sang dans les selles, et non l’absence de selles\. »

Je n’ai pas eu de mal à abandonner le régime sans produits laitiers\. Nous avons essayé d’autres choses\. Judson retenait obstinément les lavements\. Une dose de laxatif prescrite n’a rien donné\. À un moment donné, le médecin m’a dit d’attendre simplement avec Judson, persuadée que ses intestins finiraient par se vider d’eux\-mêmes\. Judson a tenu plus longtemps que moi\. Au bout de 17 jours, j’ai eu recours aux suppositoires pour soulager mon bébé malheureux\.

Mais ce n’était pas seulement le mystère digestif qui nous faisait souffrir à cause de notre bébé\. Même après avoir vidé ses intestins, il était irritable\. Les repas étaient devenus une épreuve\. Judson se débattait quand je m’asseyais à table pour manger avec la famille\. J’ai pris l’habitude de le maintenir sur mon épaule en mangeant rapidement d’une seule main\. Enfin, je n’ai pas vraiment pris l’habitude\. Je ne me suis jamais accoutumée à son agitation\. J’ai appris à faire le ménage pendant ses siestes, car il était impossible de faire autre chose que de m’occuper de lui quand il était réveillé\.

![Une chambre d’hôpital vide, avec un lit et des sièges](<https://remnant.truechristian.church/images/articles/ba15e3da-aab4-401c-9ec7-64b88ac22833-2.jpg>)

L’église était aussi un sujet douloureux\. Judson se comportait plus mal dans tout lieu animé, mais à l’église, il devenait impossible à raisonner\. Je luttais avec lui jusqu’à ce qu’il s’endorme, généralement juste à temps pour entendre la fin du sermon\.

Les repas fraternels étaient une catastrophe\. Judson criait\. Il ne laissait personne d’autre que moi le toucher et, même alors, je n’arrivais pas à le calmer\. Quand nous avions préparé les assiettes et nourri notre petite famille, j’étais épuisée et prête à rentrer\. On aurait dit qu’il avait peur de quelque chose\. Je ne parvenais pas à comprendre de quoi\.

Peu à peu, j’ai compris qu’il semblait même avoir peur de Sterling\. À cet âge, nos autres garçons avaient appris à reconnaître que Sterling était « plus amusant que maman », mais pas Judson\. Il s’écartait de son père\. Il résistait aux tentatives de Sterling pour se réconcilier avec lui, s’accrochant farouchement à moi\.

Et mon instinct maternel, enfoui profondément sous les vagues de fatigue, réagissait\. Dans ce paradoxe d’émotions, à peine avais\-je confié Judson à quelqu’un que son désarroi manifeste de me voir partir me serrait le cœur ; je le reprenais alors, le serrant contre moi et le calmant\. Même s’il me dominait, me réprimandait et m’épuisait, il me semblait que son intense besoin de moi me comblait\. Je ne le comprenais pas\.

« Je pense qu’il faudrait lui donner un bon probiotique », a suggéré ma belle\-mère\. Cela semblait une bonne idée, du moins le dimanche soir\. Les semaines ont passé et, je ne sais comment, je n’ai pas trouvé le temps de chercher un bon probiotique\.

« Essaie un bon multivitamines », m’a conseillé une autre amie après nous avoir observés pendant la réunion de prière\. « Ça pourrait vraiment être des vers\. Je connaissais une petite fille qui était complètement impossible à raisonner ; elle criait sans arrêt, et quand on l’a traitée contre les vers, tout s’est complètement arrangé… »

Cela semblait aussi une bonne idée\. Mais cela me paraissait également énorme\. Je ne savais pas par où commencer mes recherches sur les « vers », et je n’avais pas non plus l’espace mental nécessaire\.

Vers l’âge de six mois, nous avons traversé avec lui la pire période : presque une semaine de pleurs incessants, refusant de téter ou de se laisser réconforter\. Nous avons demandé à notre équipe de ministère de procéder à une onction\. Après l’onction, nous avons attendu avec impatience\. En quelques heures, Judson avait retrouvé son agitation habituelle\. Nous avons attendu encore quelques jours avant de donner des nouvelles à son pédiatre\. Suivant ses conseils, Sterling et moi l’avons emmené à l’hôpital, où un spécialiste en gastro\-entérologie pédiatrique pourrait nous aider\. L’idée d’emmener notre bébé déconcertant et vulnérable à l’hôpital nous effrayait\. « Priez pour nous », avons\-nous demandé en racontant la situation à nos familles et à notre communauté\.

Au moment de notre admission à l’hôpital, Judson allait déjà mieux\. L’infirmière nous a conduits dans une chambre\. Elle a couché Judson dans le lit d’hôpital froid à barreaux et lui a mis une blouse rêche\. En attendant le médecin, Sterling et moi nous émerveillions du changement de notre fils\. Il était couché tranquillement dans le lit, jouant avec les barreaux et regardant autour de lui\. Pas trois minutes, ni 30, mais une heure, avant de finir par s’endormir\. Un tel comportement était inouï chez Judson\. Nous nous sommes regardés, penauds\.

« Je me sens vraiment ridicule », ai\-je avoué à Sterling\. « Que vont penser les médecins en voyant ce petit bonhomme en bonne santé ? Et la facture énorme de l’hôpital ? » Je me suis couvert le visage des mains\.

Sterling a haussé les épaules, aussi perplexe que moi\. « Je pense que les gens ont dû prier\. »

Ce fut le tournant dans l’état de santé de Judson\. L’hôpital nous a laissés sortir le lendemain, consignant dans son dossier qu’il était en bonne santé\. Ils n’ont rien trouvé d’anormal chez notre enfant\. Peu après, ses problèmes intestinaux ont disparu\. Il est devenu régulier comme le lever du soleil — trop régulier pour celle qui jusque\-là n’avait pas eu besoin de couches, de lingettes ni de vêtements supplémentaires\. Nous avons loué le Seigneur d’avoir exaucé nos prières\.

Mais il continuait à pleurer\. Les mois passaient et nous attendions chaque nouvelle étape : peut\-être quand cette dent sortira, peut\-être quand il commencera à ramper, peut\-être quand il commencera à marcher\. Judson a rampé à six mois, marché à dix mois, mangé — ou, plus exactement, n’a pas mangé — les aliments de la table, et pourtant il restait agité\. Certains jours, je me promenais avec une petite « sangsue » accrochée à ma jupe\. D’autres jours, je ne marchais pas\. Sterling essayait de le tenir pendant que je dînais, mais Judson détestait cela encore plus que de rester assis avec moi aux repas, et je finissais vite par céder à ses pleurs suppliants\. Il n’était content que lorsqu’il dormait\. Le plus déconcertant était sa peur apparente de Sterling et son comportement irrationnel à l’église\.

« Est\-ce qu’on le gâte tout simplement ? » ai\-je demandé à Sterling\. « Peut\-être qu’il ne veut juste pas rester assis tranquillement à l’église, comme n’importe quel autre bébé\. »

Sterling a réfléchi\. « Si c’était ça, pourquoi résisterait\-il aussi farouchement aux repas fraternels ? Cela devrait être un moment agréable\. Et si tu le gâtais, pourquoi ne voudrait\-il pas faire des choses amusantes, comme sortir avec moi ou manger des goûters ? »

Je n’en savais rien\. Je ne pensais pas le gâter, mais je n’en étais pas sûre\. Je pensais qu’un bébé gâté devrait tout de même aimer être parfois loin de sa mère\. Pas Judson\. Il restait constamment avec moi, une main agrippée à mon encolure, l’autre le repoussant pour voir où nous allions\. Si notre direction ne lui plaisait pas, il essayait souvent de me faire tourner en se jetant brusquement, avec une force étonnante\. Ses gestes anxieux et excessivement vigilants me laissaient perplexe\. Peut\-être que quelque chose de plus grave n’allait pas, quelque chose lié à son système nerveux\.

« Tu sais, quand nous avons accueilli ma nièce, elle avait des problèmes d’attachement », m’a dit une sœur pendant le repas fraternel\. Judson avait tourné sa bouche ouverte de l’autre côté, si bien que nous parlions par\-dessus le brouhaha de la salle\. « Elle ne s’était jamais attachée à personne à cause de sa mauvaise situation familiale\. Je l’ai portée partout avec moi jusqu’à ce qu’elle s’attache à moi\. La façon dont Judson semble insécurisé, même avec toi, me fait penser qu’il ne s’est pas attaché\. C’est peut\-être pour ça qu’il panique chaque fois que tu le poses\. » Peut\-être\. Mais où et quand aurait\-il pu développer des problèmes d’attachement ?

« A\-t\-il eu une naissance traumatisante ? » m’a demandé cette femme\.

J’y ai réfléchi\. « Eh bien, non… » Je me suis remémoré l’épisode effrayant au Mexique\. Peut\-être avait\-il perturbé le processus naturel d’attachement\. Ou peut\-être le séjour à l’hôpital\. Peut\-être aussi sa coqueluche à l’âge de huit mois\. Tandis que ces moments défilaient dans mon esprit, j’ai compris que la petite enfance de Judson avait vraiment été difficile\. Il y avait peut\-être une bonne raison au déséquilibre de ses émotions\. Il semblait maintenant insécurisé\. Effrayé\. En « mode survie » en permanence, moi étant sa source incertaine de sécurité momentanée\. S’il avait effectivement des problèmes d’attachement, alors j’avais mal agi avec lui pendant toute sa petite enfance\. J’avais essayé à plusieurs reprises de le laisser dans les bras d’autres personnes, comme ses grand\-mères, en espérant qu’il comprendrait qu’il était bien avec elles\. Ça n’avait pas marché\. Cette conversation m’a amenée à douter de mes méthodes, craignant de lui avoir fait encore plus de mal\. Au moins, le porter tout le temps ne coûterait rien\.

J’ai acheté un porte\-bébé et je me suis mise à le porter pendant que je travaillais\. Il adorait ça, mais pas mon dos\. J’ai vite abandonné cette pratique aussi, faute de signes encourageants d’attachement\. Si mon esprit devait être épuisé à force de m’occuper de cet enfant, mon dos n’avait pas besoin de l’être aussi\.

Nous avons essayé la discipline\. Après tout, nous élevions aussi deux autres garçons, et la discipline n’était pas une nouveauté chez nous\. Il ne nous semblait pas avoir agi différemment avec Judson qu’avec les autres garçons, mais les résultats étaient certainement différents\. Judson réagissait par une terreur incontrôlable\. Ses doux pleurs de nourrisson avaient depuis longtemps disparu\. Nous ne savions pas comment lui apprendre à être heureux avec Sterling, car la discipline ne semblait qu’aggraver sa détresse\. Et comment apprend\-on à un enfant à jouer loin de sa mère ? Après quelques séances épuisantes à l’église, durant lesquelles il refusait de réagir, nous avons commencé à penser que la fessée n’était pas le moyen de le toucher\. En vérité, nous avions l’impression de ne jamais parvenir à l’atteindre\. Mais si la fessée ne marchait pas, comment pouvions\-nous lui apprendre autrement ? Je me suis rappelée avoir vu d’autres mères plaquer leurs mains sur la bouche de leur tout\-petit pour lui apprendre que pleurer à grands cris ne lui apporterait pas ce qu’il voulait\. Peut\-être avait\-il besoin qu’on lui apprenne à cesser de pleurer\. J’ai essayé pendant quelque temps\.

Peu après le premier anniversaire de Judson, son comportement a atteint un terrible paroxysme\. Il était assez grand pour refuser qu’on le guide ou qu’on l’apaise\. La discipline semblait le rendre fou\. Enfin, j’ai pris un livre sur le développement de l’enfant\. Une description d’un trouble appelé réflexe de peur retenu décrivait notre enfant exactement\. Le livre promettait qu’avec de simples exercices thérapeutiques, nous pourrions corriger ce problème\. Cependant, il nous faudrait l’aide d’un spécialiste de ce domaine pour nous apprendre la thérapie\.

« Qu’en penses\-tu ? » ai\-je demandé à Sterling après lui avoir parlé du livre\.

Son visage exprimait l’incertitude\. « Je ne sais pas, a\-t\-il dit en réfléchissant à voix haute\. Ce n’est pas ce qu’on m’aurait appris sur l’éducation d’un enfant\. J’ai toujours pensé que l’amour, la prière et une discipline cohérente étaient les clés d’une éducation normale\. Nous n’avons aucune preuve que quelque chose ne va pas chez Judson, hormis son agitation\. J’hésite à lui coller une étiquette\. »

Moi aussi\. Même si nous reconnaissions tous deux que certains enfants ont des besoins particuliers et que les personnes spécialement formées pour s’en occuper sont un don, nous ne voulions pas attribuer hâtivement à Judson un nom qui excuserait son comportement\.

Mais le lendemain, l’épuisement causé par les soins qu’il exigeait est revenu comme un brouillard\. Nous avons reparlé du réflexe de peur retenu\. Nous avions bel et bien essayé l’amour\. Nous avions essayé la prière, du moins dans une certaine mesure\. La discipline cohérente, c’était une autre question\. Contrairement à ce qui se passait avec nos autres garçons, elle ne semblait pas fonctionner avec Judson\. Selon le texte sur les réflexes de peur retenus, la discipline pouvait produire l’effet inverse de celui recherché\.

« Tu peux appeler pour prendre rendez\-vous avec la thérapeute », a décidé Sterling\. « Ça vaut la peine d’essayer\. Elle est chrétienne aussi et ne propose rien d’autre que des exercices physiques pour réentraîner le cerveau\. »

Je l’ai donc fait\. La thérapeute habitait à huit heures de route, ce qui n’était pas rien\. Mais nous pensions que la promesse d’une aide valait le déplacement\. En attendant, j’ai parlé de nos réflexions à quelques personnes\. Certaines ont promis de prier pour nous\. Ma belle\-mère nous a proposé un complément alimentaire pour enfants, censé favoriser le calme et la concentration\. Je suis aussi allée dans un magasin d’aliments naturels et j’y ai acheté un probiotique et un multivitamines\. Le rendez\-vous avec la thérapeute approchait\.

« Je ne vois pas comment nous pouvons y aller », a dit Sterling quelques jours auparavant\. « Nos semaines ont été extrêmement chargées et nous sommes tous fatigués\. Je ne vois pas comment nous pouvons faire un voyage de deux jours pour un seul rendez\-vous de courte durée\. Mais je suppose que nous allons devoir y aller\. Si cela aide Judson, cela en vaudra la peine\. »

La tension me nouait aussi la nuque, rien qu’à penser au voyage\. Cette semaine\-là, nous avons fait un effort soutenu pour éduquer Judson\. Nous nous sommes montrés fermes avec lui, essayant de soumettre sa volonté à la nôtre\. Il détestait cela\. Chaque fois que Sterling le prenait, il réagissait violemment\. J’ai réservé chaque jour des moments pour m’asseoir avec lui sur le canapé, lui tenir les mains et exiger qu’il garde le silence, avec des résultats mitigés\.

Le dimanche précédant notre départ pour le rendez\-vous, nous avons accepté une invitation à dîner chez des gens que nous connaissions peu\. J’ai passé le repas à lutter avec mon petit garçon, en ravalant ma fierté et mon confort\. Pendant ce temps, Sterling parlait avec les hommes de nos difficultés avec Judson, évoquant sa peur et la thérapie envisagée\.

« Avez\-vous réfléchi à ce que Judson doit ressentir quand vous le disciplinez comme je l’ai vu votre femme le faire tout à l’heure ? » a demandé doucement l’un des hommes\. « J’ai remarqué l’expression dans les yeux de Judson quand elle l’a retenu en lui couvrant la bouche\. Il avait l’air terrifié\. Si vous pensez vraiment qu’il a ce problème de peur, peut\-être devriez\-vous envisager la discipline de son point de vue\. L’un de nos enfants réagissait aussi de manière déraisonnable à nos méthodes habituelles d’éducation, jusqu’à ce que je commence à lui expliquer ce que j’allais faire… » Avec tact, ce frère a raconté une expérience vécue avec leur enfant\.

Sterling a été bouleversé et réconforté par cette réflexion pleine de douceur\. Les hommes ont partagé encore quelques idées\. Nous étions peut\-être trop proches de la situation pour bien la voir, et le Seigneur nous avait donné le point de vue d’un observateur sage\. Nous avons décidé d’annuler le rendez\-vous en développement de l’enfant et de repenser nos méthodes éducatives\. Nous avons décidé d’expliquer clairement à Judson ce que nous attendions de lui et quelles seraient les conséquences de sa désobéissance\. Au lieu de le retenir et d’exiger qu’il se soumette à nos volontés, nous avons convenu d’utiliser de petites baguettes à plusieurs reprises pour réprimander sa volonté propre\.

« Je vais consacrer toute cette semaine aux repas », a décidé Sterling\. « Bien sûr, cela veut dire que tu en subiras la plus grande part, puisque tu donnes à manger à Judson deux repas sur trois\. Mais je vais essayer de prendre la charge la plus lourde\. Je vais aussi jeûner et prier pour que des réponses soient apportées au sujet de cet enfant\. Nous avons déjà essayé de l’éduquer pendant les repas, mais nous n’avons jamais tenu plus d’un jour ou deux\. Il y a toujours “quelque chose qui se passe” et nous relâchons nos efforts\. Mais c’est important\. Trop important pour continuer à laisser “la vie” nous en détourner\. »

J’étais d’accord avec lui\. Cette décision m’a redonné espoir et m’a apporté du repos\. Quelque chose dans la thérapie envisagée ne me semblait pas juste, mais nous cherchions désespérément une réponse\.

Cette semaine a été difficile\. Les autres garçons mangeaient seuls pendant que je passais beaucoup de temps à table avec Judson\. Il criait quand je lui demandais clairement de rester assis et de manger\. Il se tortillait, avait des haut\-le\-cœur et pleurait\. Je priais et donnais des coups de baguette\. Au souper, Sterling prenait le relais\. Judson lui résistait avec encore plus de violence\. Le premier soir, il a fallu trois heures avant que notre enfant obéisse à son père et avale un peu de nourriture\. Plusieurs autres soirs se sont déroulés de la même manière\. Sterling s’occupait de Judson avec douceur et fermeté : il lui parlait, lui donnait la fessée, le tenait\. J’essayais de ne pas entendre\. Ma résolution de soutenir mon mari dans tout cela se heurtait à mes émotions, mais cette fois, je n’ai pas cédé quand Judson m’a regardée d’un air suppliant\.

À la fin de la première semaine, Judson a montré des signes de progrès\. Il a cessé de pleurer aux repas\. Il s’est assis dans sa chaise haute et a mangé quelques bouchées pour nous obéir\. Avec une expression comiquement pathétique, il proposait à Sterling et à moi de tenir chacun une de ses petites mains pendant qu’il mangeait, comme si cela lui donnait du courage\. Nous avons poursuivi l’entraînement ciblé dans ce seul domaine\. À la fin de la deuxième semaine, son comportement général s’était amélioré\. Il a commencé à me lâcher, à chercher lui\-même à s’occuper, en trottinant dans la maison et en babillant joyeusement\. Je le regardais avec étonnement faire des choses normales de bébé : explorer le coffre à jouets, grimper sur les canapés, patauger dans les toilettes\. Il s’est aventuré dehors tout seul et a vite appris à jouer avec des ballons et des camions\. J’ai cessé de lui donner les divers compléments alimentaires puisqu’il allait si bien\.

Puis, un jour heureux, quand les garçons ont crié en chœur : « Papa est rentré \! », Judson a poussé un cri de joie\. Le lendemain soir, à l’arrivée de Sterling, il a crié de nouveau, cette fois en se dirigeant joyeusement vers la porte\. Je l’ai ouverte pour lui\. Il a trottiné jusqu’au camion où se trouvait Sterling\. Sterling l’a porté jusque dans la maison\. Depuis les bras de son père, Judson m’a regardée triomphalement en babillant sur la situation\. Il n’a pas cherché à venir vers moi\. Nous avons alors compris que Sterling avait gagné son cœur\. Depuis ce jour, il est devenu un autre enfant\.

Maintenant, nous le regardons avec délice\. Son petit visage est lumineux et rayonnant, ses yeux clairs et sereins\. Il est manifestement en sécurité\. Il est devenu une joie à avoir près de soi et charme notre famille par ses facéties de tout\-petit\. Non seulement il s’est attaché à Sterling, mais il a aussi élargi le cercle des personnes qu’il accepte\. Il interagit bien avec ses frères\. Il réagit raisonnablement à l’éducation dans d’autres domaines\. Nous l’aimons, notre troisième petit garçon\.

---

Alors, qu’est\-ce qui n’allait vraiment pas chez Judson ? Je pense qu’il avait une anomalie physique pendant les premiers mois de sa vie, qui le faisait souffrir\. Ses premiers mois ont été difficiles\. Avec le recul, je vois que nous nous sommes mis à le gâter sans nous en rendre compte\.

Quelque part entre le besoin et l’exigence, j’ai commencé à céder aux caprices de ce petit être\. Cela s’est fait insidieusement, progressivement\. Très tôt, il a manifestement compris que ses pleurs me contrôlaient\. Je ne le voyais pas\. Nous ne le voyions pas\. Nous ne l’avons compris qu’après avoir commencé à reprendre en main son éducation parentale\. Nous ne savons toujours pas quand ni comment cela s’est produit\. Mais voici ce que nous savons : la voie de Dieu fonctionne\.

La prière fonctionne\. Le bâton de la correction fonctionne\. Une épouse qui soutient son mari lorsqu’il discipline son enfant avec amour, cela fonctionne\. Dans un plan qui défie le raisonnement humain, et plus encore les enseignements du monde, le processus consistant à façonner fermement la volonté de Judson l’a profondément attaché à son père\. Cela a créé un sentiment de sécurité dans son petit monde\. Sterling est aux commandes\. Judson est tranquille et en sécurité ainsi\. Cela l’a libéré du fardeau de contrôler son monde\. Il est libre d’avoir des relations avec l’un ou l’autre de nous, libre des exigences tyranniques de sa petite nature égoïste\. Le fait que son père soit clairement l’autorité dans sa vie a aussi établi mon autorité sur lui\.

Plus de deux ans se sont écoulés depuis que Sterling a commencé à tourner le cœur et la volonté de Judson vers lui\-même\. Aujourd’hui, Judson est un garçon joyeux et bien équilibré\. Il reste assis tranquillement à l’église et pendant les dévotions ; il aime les repas fraternels et ses amis ; il passe volontiers du temps avec papa ou maman\. L’entêtement, l’anxiété et les repas sont trois domaines qui exigent chaque jour une attention assidue dans son éducation — davantage que ce qu’ont nécessité nos deux premiers enfants réunis \! Mais la bonne nouvelle, c’est que Judson réagit bien à la discipline\. Certains jours, nous avons l’impression de ne pas avancer, jusqu’à ce que nous regardions le chemin parcouru par notre fils\. Nous louons le Seigneur d’être intervenu dans nos vies en se servant d’un frère perspicace pour éclairer la situation\. La Parole de Dieu, la voie de Dieu : voilà les clés pour élever un enfant heureux\.

<aside class="translation-notice" data-translation-notice="ai" lang="fr" dir="ltr" role="note">
  <p>Cet article a été traduit par intelligence artificielle avec OpenAI (modèle : gpt-6-luna) et n’a pas encore fait l’objet d’une révision humaine. Le texte original anglais fait autorité. En cas de doute sur le sens, veuillez consulter l’original anglais. <a href="/en/woman/when-god-s-way-works/" data-source-article-id="ba15e3da-aab4-401c-9ec7-64b88ac22833" hreflang="en">Original anglais</a></p>
</aside>

## Référence de la revue

- [La main d’un nouveau\-né tenant le doigt d’un adulte](<https://remnant.truechristian.church/images/articles/ba15e3da-aab4-401c-9ec7-64b88ac22833-1.jpg>): Unsplash\.com
- [Une chambre d’hôpital vide, avec un lit et des sièges](<https://remnant.truechristian.church/images/articles/ba15e3da-aab4-401c-9ec7-64b88ac22833-2.jpg>): Unsplash\.com
